Belgique

Des « oncles missionnaires » prennent la parole.

16-04-2013 (Traduction propre)

Nous sommes un petit groupe de Missionnaires d’Afrique âgés, à la retraite à Anvers. Après avoir passé toute une vie en Afrique, nous nous égarons quelque peu dans cette société belge, qui est tellement différente de celle que nous avons quittée voici tant d’années. Mais cela ne nous empêche pas de suivre attentivement ce qui se passe autour de nous.

Et voici qu’il se produit ici quelque chose que nous ne pouvons passer sous silence. Nous voulons dire : le débat politique concernant l’extension, aux mineurs et aux handicapés, de la loi sur l’euthanasie. Pour nous, il ne s’agit pas de ce nouveau groupe-cible, mais de la notion de l’euthanasie elle-même, qui est complètement incompréhensible et barbare aux yeux des Africains et de beaucoup d’autres peuples. Mettre délibérément fin à la vie, à ses propres jours ou à ceux d’autrui, et prévoir et déterminer cette possibilité dans la loi, est simplement impensable pour eux. Car la vie est sacrosainte, parce que c’est un grand mystère, le mystère par excellence, qui nous a été donné et qui nous dépasse. Nous ne sommes ni les auteurs, ni les possesseurs de la vie ; nous n’en sommes que les protecteurs. Si nous avons appris quelque chose en Afrique, c’est bien la vérité que voici : la vie est plus grande et plus forte que nous, ce qui nous rend en même temps humbles et forts. Personne n’oserait prétendre que la vie soit plus agréable ou plus facile pour les Africains que pour nous, mais nous nous souvenons de l’inoubliable sourire d’adultes et d’enfants africains disant : « Nous avons tout perdu, mais nous avons encore la vie ».

Ce qui nous inquiète profondément, c’est l’invraisemblable légèreté qui caractérise le débat ici. Dans les discussions à ce propos, la question de la liberté et du choix personnel occupe toujours la place centrale, mais on parle rarement ou jamais du contenu, de l’objet de ce choix. A vrai dire, la vie ne peut jamais faire l’objet d’un choix. C’est la donnée la plus fondamentale de notre existence et ne peut donc faire l’objet d’une discussion. On ne touche pas à la vie.

Deuxièmement, il y a aussi l’approche purement sentimentale qui éblouit et élimine pour ainsi dire notre bon sens raisonnable. Ne voyons-nous donc pas que l’euthanasie et l’eugénisme invoquent essentiellement les mêmes principes que le régime naziste qui, lui aussi, se justifiait à force d’ « eu »-phésimes tels que « solution finale » et « mort clémente » ? Car il s’agit bel et bien d’un combat idéologique entre une culture de la mort (comme Jean-Paul II le disait) et une culture de la vie. Et il savait de quoi il parlait, car son pays fut pendant de longues années un témoin-clé des affreuses conséquences de ces principes. Notre mémoire historique serait-elle tellement courte ? Certes, nos lois sur l’euthanasie se présentent sous une forme plus stérile et acceptable. Mais tous deux font l’objet d’une seule et même accusation : celle d’un manque, fondamental et par principe, de respect de la vie.

Et puis, il y a la fausse opposition entre les soins palliatifs et l’euthanasie. Nous savons bien sûr que tous deux reviennent pratiquement au même et que les moyens utilisés sont à peu près identiques. Mais en principe et humainement parlant, il y a un gouffre béant entre le fait de donner la mort d’une part et, d’autre part, d’assurer une fin de vie dans la dignité. Nous avons vu un reportage saisissant d’un jeune homme de Malines qui demanda finalement une sédation palliative (définitive), mais qui refusa d’appeler cela une euthanasie et qui voulut laisser la mort au gré de son corps, lorsque le moment serait venu. « Qu’y a-t-il dans un mot ? »

Nous nous associons entièrement au Frère Stockman qui, par exemple dans l’article que le quotidien « De Standaard » du 14 janvier 2013 a publié de sa main, ne cesse de se dépenser pour que la culture de la vie puisse toujours triompher de la culture de la mort.

Finalement, nous nous posons deux questions. D’abord : le progrès scientifique implique-t-il toujours un agrandissement de la sagesse humaine ? Et deuxièmement : notre tentative de maîtriser la mort, n’est-ce pas une expression de notre désir de maîtriser toute notre vie, ce qui peut seulement aboutir à la frustration ? Car ce n’est qu’un certain abandon à la vie (et à la mort) qui peut nous donner la force et le courage d’accomplir au mieux et de la façon la plus humaine la mission de notre vie.

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