Belgique

Le journal paroissial publie une hérésie louvaniste

22-04-2013

Le « journal paroissial » flamand Kerk en Leven (K&L) a réussi une fois de plus à promouvoir la confusion en matière de foi, grâce à Kristof Struys, enseignant de théologie à la KU Leuven et au séminaire Jean XXIII à Louvain. Voici un extrait traduit du texte en question, publié dans K&L du 10-4-2013, p. 17, « Questions religieuses. Demandez-le à Théo », concernant la crucifixion de Jésus :

… Au fil de l’histoire, la crucifixion fut parfois comprise comme étant un sacrifice expiatoire : par ses péchés, l’homme a profondément déçu Dieu, à tel point même que Dieu peut et veut seulement pardonner ce comportement coupable à condition qu’un sacrifice incroyablement important lui soit fait. L’homme est toutefois incapable de faire un tel sacrifice à Dieu. Dans cette logique, ce serait la volonté de Dieu que Jésus meure sur la croix et se sacrifie pour les péchés des hommes.

D’après une conception théologique plus moderne, la crucifixion de Jésus ne relève pas de la volonté du Père. Dieu n’a ni voulu par principe, ni prévu systématiquement la mort de Jésus sur la croix. La crucifixion est tout d’abord un signe de l’incrédulité et du péché des hommes qui, eux, n’arrivaient pas à bien comprendre le caractère radical de l’amour de Jésus. Du temps de Jésus, certaines instances continuaient cependant à placer la Loi au-dessus de l’homme. Dans l’esprit du théologien moderne, la crucifixion est donc aussi bien un signe du « non-amour » de l’humanité, que de l’amour radical de Jésus pour l’homme.

La mort sur la croix est ensuite également un signe de l’amour du Père : dans sa toute-puissance, Dieu aurait pu interrompe le chemin d’amour de Jésus. Il ne l’a cependant pas fait. Il a donné à Jésus la liberté d’accomplir ce chemin d’amour, même si Celui-ci devait payer cela de sa vie. La crucifixion ne relève donc pas de la volonté de Dieu, mais elle est un signe de l’amour que Dieu voue à la vie de Jésus. Le sacrifice salutaire de Jésus adresse un appel à tout croyant.

Notre Commentaire

Si cela est un exemple de l’enseignement théologique qui est actuellement donné aux étudiants en théologie et aux séminaristes, nous devons conclure que le niveau en est très déplorable. En outre, cette théologie n’est certainement pas conforme à la doctrine catholique, ni au catéchisme. Elle est même formellement contraire aux évangiles.

Ce dernier point ne gênera sans doute guère les théologiens en question, car ce qui compte pour eux, n’est pas l’évangile, mais ce qu’ils en ont eux-mêmes fabriqué sur base de leurs interprétations personnelles, des « convictions modernes » et de la suppression qu’ils ont faite de tout ce qui n’y correspond pas.

Ce n’est pas « parfois », mais toujours que la doctrine catholique a considéré la crucifixion de Jésus comme un sacrifice expiatoire. Une préfiguration importante en est le sacrifice d’Abraham qui, par obéissance à Dieu, fut prêt à sacrifier même son fils Isaac. Abraham devint le patriarche de la descendance qui aboutirait à Jésus, Lui que l’Église appelle entre autres « l’Agneau de Dieu » (représenté en tant que tel sur le tableau probablement le plus célèbre du monde entier, « L’Agneau mystique » des frères van Eyck, que l’on peut admirer dans la cathédrale de Saint-Bavon à Gand). Du temps de Jésus, un agneau fut employé couramment comme sacrifice expiatoire.

Aussi docile que cette victime propitiatoire, le Christ s’est laissé tuer. Contrairement à ce que l’article en question veut nous faire croire, cela ne s’est pas fait « parce qu’Il comprenait qu’Il paierait de sa vie sa façon radicale d’aimer », sans que son Père eût grand-chose à dire à ce propos. Il s’agit là non seulement d’une hérésie, mais en outre d’un charlatanisme théologique d’un niveau puéril. Le Christ a sué sang et eau pour maintenir sa volonté humaine en conformité à celle de son Père. Ce fait est décrit clairement et de façon détaillée dans les évangiles, notamment dans le passage du récit de la passion qui se termine par ces paroles bien connues : « Non pas comme je veux, mais comme tu veux » (Mt. 26:39 ; Lc. 22:42).

Grâce à cet abandon décisif de Jésus à la Volonté de son Père, nous avons été rachetés. En prenant cette décision, Il était pleinement conscient du fait que la souffrance et la mort qu’Il prévoyait, n’étaient pas des effets secondaires dramatiques de son chemin d’amour strictement personnel, mais un élément essentiel et nécessaire de sa mission, en unité obéissante avec son Père. S’Il s’était retiré à ce moment-là, sa vie et sa prédication auraient perdu toute valeur et l’humanité aurait été privée éternellement de la possibilité de la vie éternelle auprès de Dieu. Par sa mort sur la croix, Il a obtenu le pardon de tous les péchés de nos ancêtres et particulièrement de ceux de notre aïeul Adam. C’est ainsi qu’il fut enfin possible de commencer le rétablissement de la descendance de celui-ci, qui était lourdement marquée physiquement et psychiquement par le péché originel. Telle est la raison pour laquelle l’Église chante pendant la vigile de Pâques : « Qui pro nobis aeterno Patri Adae debitum solvit et verteris piaculi cautionem pio cruore detersit » : « Qui a payé pour nous au Père éternel la dette d’Adam et effacé de son propre sang la cédule des peines qu’avait méritées l’antique péché ».

Dans l’article en question, le Dieu d’Adam, d’Abraham et de Moïse, ainsi que de la tradition catholique, est réduit à un personnage caricatural qui se sent offensé et qui réagit à cela en exigeant un sacrifice « incroyablement grand ». La logique de Dieu, qui dépasse de loin celle des hommes, est ainsi dégradée à un raisonnement théologique puéril qui n’est pas conforme à la réflexion croyante catholique sur Dieu. La Volonté de Dieu ne se nourrit pas de sentiments de vengeance, mais d’un amour infini. S’Il veut un sacrifice expiatoire, c’est que cela est absolument indispensable au rétablissement spirituel de ses créatures bien-aimées. En outre a-t-Il donné à cet effet son propre Fils, qui était, qui restait et qui restera de toute éternité liée à Lui dans un amour parfait.

Cela n’est pas intervenu comme étant un signe de « l’amour de Dieu pour la vie de Jésus », comme si Dieu le Père, du haut de son ciel, était le « supporter » de Jésus et suivait ses comportements d’une attention bienveillante mais passive. On se heurte ici même à une grave contradiction, dans la mesure où cette théologie prétend que Dieu, par amour de la vie de Jésus, n’a rien entrepris pour sauver cette même vie. La question de savoir comment, avec de tels arguments dénués de la logique la plus élémentaire, on croit pouvoir reconduire l’homme contemporain à la foi en Dieu, est un des mystères de ce type d’écrits théologiques modernes. Kristof Struys termine son article par une constatation bouleversante : « Le sacrifice salutaire de Jésus adresse un appel à tout croyant ». Peut-on être plus banal ?

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