Belgique

Enseignement Catholique ou Louvaniste-Moderniste ?

27-03-2014

Le 10-01-2014, la nouvelle fut connue que Lieven Boeve, le doyen actuel de la faculté de Théologie et de Sciences Religieuses de la KU Leuven, succèdera à Mieke Van Hecke à la tête du VSKO (Secrétariat Flamand pour l’Enseignement Catholique). Que devons-nous en penser ? Cela va-t-il changer quelque chose ?

Ce n’est pas un secret que cette université utilise des théories qui ne cadrent pas avec la doctrine traditionnelle de l’Eglise, ni avec les avertissements et les encycliques de « l’institution Eglise » maudite par ses théologiens. Le 15-01-2014, De Standaard a publié une interview de Joseph Selling, théologien moraliste et professeur émérite de la KU Leuven. Dans celle-ci, cet homme a une fois de plus indirectement montré que ce qui y est enseigné est totalement indépendant des instructions de “Rome” sur ces mêmes matières.

Au sujet du synode sur le mariage et la famille qui se tiendra après l’été, il a envoyé une contribution à Rome qui, selon sa déclaration, a été signée par 73 théologiens dans 18 pays. Selon lui, la vision de l’Eglise sur la vie de la famille doit être “revue d’urgence”. Un petit aperçu de cette « révision » : l’Eglise doit soutenir les homos – la morale de mariage de l’Eglise ne répond pas aux attentes – seuls les parents peuvent décider si oui ou non ils veulent des enfants – on doit être plus compréhensif pour les gens divorcés qui fondent une nouvelle famille.

Il s’appuie sur le raisonnement injuste et populiste que la morale du mariage de l’Eglise est “faite par des gens qui ne savent pas ce que c’est d’être mariés ». Cette morale du mariage est basée sur la parole du Christ « Ce qui Dieu a lié, l’homme ne peut le délier » et elle est en vigueur depuis les débuts du Christianisme, alors que le célibat n’était pas encore une obligation cléricale générale. La même morale de mariage est d’ailleurs en vigueur dans l’Eglise orthodoxe, dans laquelle l’obligation générale de célibat n’existe pas. Si nous poursuivons jusqu’au bout ce raisonnement éthique théologique typiquement louvaniste, nous devons supprimer carrément le mariage et le remplacer par des “périodes d’essai” facultatives. Les conséquences énormes pour les enfants et pour la vie familiale en général restent enveloppées dans les nuages modernistes.  Il s’agit donc ici sans plus d’une opinion à courte vue, qui est surtout allergique à des principes solides et qui s’applique volontiers à démolir ce qui est considéré comme des « vaches sacrés ».

Que “ce soit aux couples de régler leur fertilité, pour autant qu’ils le fassent de façon réfléchie” est une banalité de ce professeur contre laquelle on ne peut pas dire grand chose. Mais, c’est bien plus grave qu’il veuille s’en servir pour réduire au silence le Magistère de l’Eglise. C’est pourtant bien sa mission d’enseigner aux fidèles, à la lumière de l’Evangile, quelles méthodes sont moralement acceptables ou non à cet effet et sous quelles conditions on agit “de façon réfléchie”. Une autre de ses banalités est formulée erronément théologiquement parlant : “Les personnes avec une autre nature doivent être respectés comme tout enfant de Dieu”. Ici, il suggère que chacun peut s’attribuer automatiquement le titre de « enfant de Dieu », alors que le Catéchisme de l’Eglise nous apprend que seuls ceux qui croient de façon conséquente au Christ et qui obéissent aux commandements de Dieu peuvent se considérer comme étant « rené en enfant de Dieu ». Les gens qui font des actes sexuels qui sont interdites par les lois de Moïse ne le sont pas, car le Christ lui-même nous a appris « qu’aucune lettre ou point de la loi » ne peut être enfreint. Joseph Selling peut avoir un autre avis à ce sujet, mais ce n’est certainement pas un avis “chrétien”.

Le doyen de la faculté où ces théories “progressistes” sont imaginées et diffusées, Lieven Boeve, raisonne certainement dans la même direction. Il apparait dans ses publications qu’il veut développer une « histoire chrétienne ouverte ». Une histoire qui est donc adaptable aux souhaits du temps et qui n’est donc certainement plus une « évangile ». Les Evangiles n’ont pas été écrits par leurs auteurs comme des traités théologiques ou des récits édifiants, qui peuvent être “ouverts” à discrétion aux souhaits ou opinions du lieu ou du moment. Il ne s’agit pas de « théories théologiennes », mais de rapports sur la vie concrète, les mots et les actes de Jésus-Christ, situé assez précisément dans le temps et dans l’espace. Les Evangiles forment la base objective de tous les traités théologiques qui sont appelés « chrétien ». Le modernisme renverse simplement les rôles et recherche continuellement comment on peut le mieux adapter les « récits évangéliques » aux « opinions en évolution ».

Lieven Boeve s’est montré être un grand partisan du maintien du “K” dans la dénomination de son université. Mais, ici aussi il renverse les rôles. Il apparait de ses déclarations qu’il n’a pas l’intention d’offrir un enseignement conforme aux règles de ce “K”, dans lequel les points de vue du Catholicisme seraient expliqués et défendus. Non, il s’agit ici à nouveau du “K” qui doit être dépouillé de ses “connotations négatives”, sinon “nous devrons continuer à dire que nous nous appelons bien catholiques, mais que nous ne (voulons) quand même pas l’être ». Une telle attitude est comparable à celle d’un communiste qui jure être un fidèle disciple de Marx, mais qui prend ouvertement ses distances avec les affirmations “cotées négativement” de ce dernier et qui fait la promotion du capitalisme, en disant que cela est le vrai communisme. On doit vraiment avoir suivi un enseignement approfondi dans le jonglage théologique avec les concepts pour faire apparaître une manipulation aussi grossière comme acceptable. Il ne veut d’ailleurs plus du tout que l’identité de l’E.C.  soit plus « catholique », mais adapter la dénomination de « catholique » aux préférences et affirmations théologiques louvanistes.

L’élasticité de la pensée ouverte de Lieven De Boeve est aussi perceptible dans la politique qu’il a mené au sein de sa faculté. Il est un grand partisan de dialogue – ce qui n’est pas mauvais en soi – et il aimerait donc entrer en dialogue avec le monde musulman. Mais selon lui, les Musulmans doivent y être aidés par la création d’un master en théologie islamique, pour “leur permettre de réfléchir sur leur propre tradition, de telle sorte qu’ils puissent participer au dialogue”. Il ne parait pas probable que la communauté islamique soit particulièrement enchantée de ce motif plutôt dérogatoire et paternaliste. Il est cependant plus grave qu’on encourage ainsi une religion qui, sur plusieurs plans, a tendance à être agressive vis-à-vis de ceux qui pensent autrement et qui voit surtout le dialogue à sens unique, au nom et avec la pleine collaboration d’une institution « catholique ». Les limites des innovations modernistes et des possibilités d’extension ne sont visiblement pas encore atteintes.

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