Êtes-vous désiré ?

25-04-2012

« Sommes-nous encore désirés ici ? » : telle est la question clé pour beaucoup de chrétiens et d’autres minorités au Moyen-Orient et ailleurs, qui doivent fuir leur terre natale et le pays de leurs ancêtres, après les interventions occidentales ou l’une ou l’autre « guerre de libération ». Beaucoup de chrétiens syriens craignent que tel sera aussi leur sort. Si cela dépend de certains esprits éclairés occidentaux, ils peuvent être assurés que ce scénario catastrophe va avoir lieu. Entre autres, Guy Verhofstadt, l’un de nos champions nationaux de la libre-pensée politique, a récemment proposé l’armement de l’opposition syrienne (laquelle, après une année de lutte, avec de nombreuses victimes des deux côtés, ne peut ou n’ose proposer le moindre plan qu’ils auraient en vue pour la Syrie).

Vous n’êtes pas désirés” : telle fut l’attitude des Nazis contre les Juifs et d’autres minorités ethniques. Celles-ci ne convenaient pas à leur idéologie et à leurs plans pour l’avenir du « Das Drittes Reich ». Les fondateurs de ce bref empire ne comptaient pas sur les politiciens étrangers pour leurs armes, mais s’en occupèrent eux-mêmes. Ils ont fait trembler la Terre pendant quatre ans et ont éliminé des millions de personnes comme si elles étaient des objets usagés mis au rancart.

« Patronne dans son propre ventre » : comme crièrent les Féministes des années soixante. En d’autres termes, “pas de bébé non désiré dans mon ventre”. Le remède à leurs souhaits fous était simple : « s’en débarrasser ». Dans le musée à ciel ouvert de Bokrijk, elles font maintenant partie d’une reconstruction nostalgique de cette période, ce qui signifie indirectement une ode à leur “idéologie” délirante. Là, les enfants désirés de nos familles peu nombreuses suivent maintenant un enseignement didactique sur la révolution sexuelle, qui a fait qu’ils aient peu ou pas du tout de frères ou sœurs.

L’un des arguments, pour la concrétisation de la loi actuelle sur l’avortement dans notre pays, était que la nouvelle loi ne ferait pas augmenter le nombre d’avortements, mais veillerait seulement à fournir des soins médicaux pour ces interventions. Le contre-argument, que les lois ont aussi une influence sur l’idéologie et la moralité des gens, ne fut pas accepté. Pour toute sécurité (ou comme emplâtre sur la perte d’image du CVP de l’époque), on mit sur pied une commission d’évaluation, qui noterait l’évolution du nombre d’avortements et en tirerait les conclusions considérées comme nécessaires. Ce fut de toute évidence une mesure pour rien, étant donné que ce comité est constitué de personnes aux points de vue moraux très disparates.

Le fait est que le nombre d’avortements connus, depuis la création de la loi belge en 1990, a presque doublé. Il n’y a aucune raison de croire que cette tendance à la hausse va baisser dans un proche avenir. On devrait plutôt s’attendre à l’inverse, parce qu’en comparaison avec d’autres pays européens, les chiffres pour l’avortement en Belgique et aux Pays-Bas sont parmi les plus bas : « seulement » un peu plus d’une femme enceinte sur dix subit un avortement chaque année. Les totaux sont du même ordre de grandeur que celui des migrants entrants. Si nous faisons le bilan, nous commettons donc dans le fond un génocide (dans le sens le plus littéral du mot) sur notre propre progéniture, en faisant de la place pour des étrangers.

Il ne fait aucun doute que l’éducation, la mentalité personnelle et surtout la pression sociale, jouent un rôle important dans le choix de savoir s’il faut ou non procéder à un avortement. Les lois font partie de ce processus, car elles introduisent des normes et donc déterminent ainsi ce que nous allons considérer oui ou non comme « normal ». Les lois ne déterminent évidemment pas entièrement notre comportement, mais elles jouent un grand rôle. Elles ont aussi tendance à « mener leur propre vie ». Cela veut dire qu’elles peuvent renforcer l’idéologie sur laquelle elles sont basées, de sorte que cela, à son tour, pousse la législation plus loin dans une direction donnée. La plupart des lois sur l’avortement sont fortement inspirées par les courants de pensée féministes et maçonniques, un attelage collaborant très bien et se renforçant mutuellement. Dans les pays occidentaux, de nombreux partis politiques sont profondément influencés par ces courants de pensée (ou sont directement infiltrés par leurs partisans). Cette évolution a créé dans ces pays un net clivage entre partisans et adversaires de l’avortement.

Entre les pays aussi existent de profondes différences dans le domaine de la protection de l’enfant à naître, la plupart du temps déterminées par la culture. Le monde musulman affiche une attitude ambiguë. En principe, l’islam est contre l’avortement, mais d’autre part la plupart des tendances islamiques ont fixé une frontière artificielle à partir de laquelle le fœtus est considéré comme un « être doté d’une âme ». Un grand nombre d’avortements sont gardés secrets pour protéger l’honneur de la femme concernée. Il est donc difficile d’obtenir une image claire au sujet de la pratique de l’avortement dans les pays musulmans. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, les musulmans et les chrétiens semblent incapables de former un front commun contre le meurtre des enfants dans le sein de la mère. La doctrine juive orthodoxe protège en principe l’enfant à naître dès la conception. Mais les juifs orthodoxes ne constituent qu’une minorité et de nombreux rabbins juifs expriment un avis divergent. Israël connaît un pourcentage très élevé d’avortements. L’interruption volontaire de grossesse y est considérée par beaucoup comme un moyen acceptable de contrôle des naissances. En Extrême-Orient, nous rencontrons là des sectes qui croient en la réincarnation, et qui font même des pas trop loin dans l’autre sens. Puisque les animaux selon eux peuvent être des réincarnations de personnes, leur vie est aussi entièrement protégée, jusqu’à l’absurde. En Amérique latine, une interdiction stricte d’avortement prévaut dans plusieurs pays, de même que dans certains pays européens.

Pour les chrétiens dignes de ce nom, chaque nouvelle vie humaine est désirée, car désirée par Dieu comme son enfant. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » et « Tu ne tueras point » sont deux règles de base pour chaque chrétien. Ils déterminent également leur attitude à l’égard d’enfants à naître qui montrent des handicaps, même si ceux-ci, selon des « spécialistes », ne bénéficieront pas d’une « qualité de vie » suffisante. On trouve rarement un mot forgé plus subjectif, pour justifier une agression non-subjective sur la vie d’autrui. Ce n’est certainement pas en premier lieu la qualité de vie des nouveau-nés oui ou non handicapés qui préoccupe les militants « pro choice », mais surtout le confort de vie de ceux qui ne veulent pas se charger d’eux, même lorsqu’ils sont leurs propres enfants. Aucun médecin ne peut déterminer avec certitude quel est le désir de vivre ou la joie de vivre d’une personne handicapée, et encore moins d’une personne handicapée qui n’est pas encore venue au monde. Ce sont pourtant des facteurs décisifs, qui en grande partie (ou même principalement) dépendent du fait si cette personne sera oui ou non acceptée et aimée, quelle que soit sa condition physique ou son espérance de vie. L’amour pour un enfant peut surgir du premier signe de vie dans le ventre d’une femme, comme l’ont déjà découvert d’innombrables mères. Un très grand nombre n’ont pas hésité à accepter leur enfant et à l’entourer de tendres soins, en dépit du fait qu’il souffrait de déficiences physiques ou mentales.

Comme nous l’avons déjà mentionné, nous nous rendons compte également que des modifications législatives seules ne sont pas la solution définitive au problème de l’avortement. Dans la Marche annuelle pour la Vie à Bruxelles, nous témoignons donc essentiellement en vue de changer les attitudes en faveur du respect de la vie dans le sein de la mère. Le rôle de l’État en cela ne devrait pas être en premier lieu de dissuasion, mais surtout de soutien. Par ceci, nous n’entendons bien sûr pas l’actuel soutien de fait à la pratique de l’avortement, qui a progressivement pris la forme d’une incitation. L’État doit investir dans des moyens tels que les possibilités d’adoption et des formes de soutien, qui offrent aux femmes une alternative à l’avortement. Chez nos voisins néerlandais, semblent enfin apparaître les premiers signes qui dénotent un changement de politique dans cette direction.

Par ailleurs, il faut cesser le remboursement de l’avortement, qui est seulement soutenu par des arguments tordus de gauche au sujet de la discrimination contre les femmes les moins aisées, qui ne peuvent se payer l’avortement. De « discrimination » il ne peut être question que si l’avortement était considéré comme un « droit » accepté de manière générale. Jusqu’ici, c’est juste une “possibilité de non-sanction par la loi”, pour “les femmes en situation d’urgence”, ce qui cependant reste inacceptable pour une conscience sainement formée. Le remboursement des milliers d’avortements belges par an, ne coûte pas seulement à l’État de plus en plus d’argent, mais cela favorise également l’augmentation du nombre de femmes présentant des troubles physiques ou des dépressions en raison du syndrome post-avortement. Le coût médical associé à tout cela est en grande partie payé par l’assuré obligatoire, comme vous et moi, y compris ceux qui ont des objections ou des objections de conscience à l’égard de ces “interventions médicales” sur des femmes en parfaite santé.

En tant que chrétiens dans une démocratie pluraliste, nous devons nous rendre compte que nous ne pouvons ne pas imposer nos normes élevées. Notre objectif doit donc être, autant que possible, de convaincre les autres qu’il y a de meilleures solutions aux difficultés sociales, relationnelles ou autres, que l’élimination des “non désirés”. Nous ne vivons plus en effet dans une tribu préhistorique où ceux qui sont trop faibles ou encombrants doivent débarrasser le plancher. Pour la quasi-totalité des problèmes médicaux et sociaux, il existe de bonnes solutions dans nos états-providence modernes. Les possibilités sont là, pour éviter presque tous les avortements pour des raisons non médicales. Mais pour les utiliser, la volonté doit également exister, en même temps qu’un grand amour pour les plus petits et les plus désarmés d’entre nous

« Voyez comme ils s’aiment », a-t-on déclaré des premiers chrétiens. Le vivre ensemble, l’assistance, les soins, la compassion, le respect : ce sont tout des facettes de ce que nous appelons l’amour. L’amour n’est pas seulement le produit d’une impulsion spontanée. Notre vision sur la vie, peut stimuler ou réduire l’amour. Si nous considérons la vie comme le résultat de processus chimiques purement aléatoires, cela joue sans aucun doute dans l’attitude que nous adoptons envers toutes les formes de vie, y compris l’homme, la forme la plus évoluée de la vie, à laquelle nous appartenons. On peut donc considérer comme tout à fait normal que la demande de l’avortement libre émane principalement de groupements matérialistes et libres-penseurs. Cette demande est complètement en désaccord avec le sentiment et la conviction la plus profonde de chrétiens authentiques.

De toute évidence, des personnes ayant d’autres croyances, même des libres penseurs convaincus, peuvent se prononcer contre l’avortement. Mais leur attitude est plutôt inspirée par un profond sentiment naturel, que par des considérations idéologiques formelles. Il est clair que la ligne de démarcation entre partisans et adversaires de l’avortement, est en grande partie parallèle à la ligne de démarcation entre les croyants (principalement chrétiens) et les incroyants. L’ignorer n’aurait pas de sens. Ce qui n’empêche pas que les libres penseurs soient aussi les bienvenus s’ils souhaitent participer à la lutte pour le droit à la vie de tous les bébés à naître.

 D’autre part des formes de pensée liées au rationalisme se sont malheureusement infiltrées dans de nombreux milieux chrétiens. Bien que l’Église catholique se soit régulièrement clairement prononcée contre l’avortement provoqué, et est allé même jusqu’à excommunier automatiquement tous ceux qui y sont impliqués, nous entendons régulièrement de fameux “catholiques” justifier ouvertement l’avortement légalisé, ou même le présenter comme un acquis positif de la femme moderne. Étant donné que le respect de la vie humaine est intrinsèquement lié au fait d’être chrétien (comme nous l’avons clarifié in extenso dans d’autres articles de notre site Web), nous ne pouvons que confirmer que les personnes ayant de telles convictions ne peuvent être réellement chrétiennes, et encore moins catholiques.

Étiez-vous désiré ?”. Vraisemblablement oui, sinon il est très probable que vous ne seriez pas là pour lire ces lignes. Pourtant, il y a beaucoup de nos semblables désirés qui trouvent tout à fait normal que certains nouveaux venus ne soient pas désirés. Pour quelle raison alors ? Avons-nous trop peu d’équipements pour les prendre en charge ? Vivons-nous dans une société où les enfants sont traités avec cruauté ou dans laquelle les mères célibataires ne peuvent pas obtenir de l’aide ? Si cela était le cas, on pourrait alors se demander pourquoi il y a une telle affluence massive dans notre pays, et pourquoi nous-mêmes ne rechercherions pas un meilleur endroit, loin de la société cruelle, individualiste et égocentrique, à laquelle en tant que fortuitement désirés nous avons eu la chance d’échapper à la mort par avortement.

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