Jean-Paul II le Grand

CHAPITRE 2

Jean-Paul II est un de ces combattants spirituels doté d’un courage exceptionnel, formé par les circonstances de la vie depuis son enfance. Il nous paraît nécessaire de revenir à quelques événements de sa vie avant d’en venir à son magistère.

Né à Wadowice le 18 mai 1920, comme le plus jeune de trois enfants, sa vie est marquée par la mort de ses proches. Sa petite sœur Olga était déjà décédée avant sa naissance. Sa mère décède quand il a l’âge de neuf ans, et son grand frère Edmund décède trois ans plus tard. Il était médecin et meurt par suite des soins qu’il procurait à des gens frappés de maladies contagieuses. Neuf ans plus tard, son père meurt également, après une vie de pauvre sous-officier pensionné, se voyant contraint à faire nombre de métiers pour survivre avec son seul enfant resté en vie, Karol.

Celui-ci se trouve alors seul dans la vie au moment où débute sa vie adulte. Toutefois, en 1938, il avait déjà entamé des études universitaires, et était fort actif dans le monde du théâtre, au moment où intervint la guerre, qui paralysa la vie sociale dans toute la Pologne. Karol demeurait passionné par la culture polonaise et travaillait clandestinement à sa formation. Pendant la guerre les Usines Solvay, réquisitionnées par l’occupation nazie, devaient poursuivre la production, et Karol, avec sa stature athlétique, parvint à y obtenir un emploi, ce qui lui permettait d’échapper à la déportation. Un cordonnier qu’il fréquentait régulièrement le convainquit de la grandeur du sacerdoce, et il suivit dès lors parallèlement une éducation clandestine pour le sacerdoce et pour le théâtre. Après la guerre, il poursuivit ses études et il fut consacré prêtre en 1946. Il est envoyé à Rome, où il reçoit une partie de sa formation du grand dominicain Garigou Lagrange, et il fait son doctorat sur le thème de la foi dans les œuvres de Saint Jean de la Croix.

De retour en Pologne, il est au service de plusieurs paroisses, il prêche des retraites, il organise, en tant qu’aumônier des jeunes, des randonnées et des camps sportifs. Entretemps, le régime communiste exige que les candidats-évêques soient acceptés par le gouvernement. Nombre de candidats sont refusés de cette façon. Karol Woytila, candidat en fin de la liste, parut acceptable au régime. Apprenant sa nomination, il se retire dans une abbaye contemplative et y passe la nuit en prière.

Les communistes avaient mis en route un plan pour semer la discorde entre ce jeune évêque intellectuel et le cardinal Stefan Wyszynski, qui avait le support du peuple. À intervalles réguliers, le jeune évêque Woytila est accusé de la part du gouvernement auprès du cardinal. A chaque fois, Woytila parvint à lever les tensions avec son cardinal, avec calme et politesse, jusqu’au moment où il se rendit compte de ce jeu. Fermement, il se rendit un jour au politburo et ses manières habituellement discrètes tournèrent en protestations énergiques. Il exigea des plus hauts fonctionnaires du parti et du gouvernement le respect pour la constitution polonaise qui garantissait la liberté de religion. Il exigea la liberté d’exercer son mandat d’évêque et de prêtre catholique. A partir de ce jour, le régime chercha d’autres voies pour lui rendre la vie difficile, entre autres en lui refusant l’autorisation pour construire une nouvelle église dans une cité fort peuplée. Ce refus ne diminua en aucune manière la créativité et la combativité de l’évêque : à la Noël, par un froid terrible, il célébra la Sainte Messe de minuit sur le terrain vague où il voulait construire l’église. Ce fait, et la présence d’une foule immense, extorquèrent au gouvernement l’autorisation de la construction.

En 1964, il est élu archevêque de Cracovie et trois années plus tard il est nommé cardinal. Sa présence au Concile de Vatican II a certes laissé des empreintes sur nombre de décrets du concile. En 1978, sous l’influence du cardinal Wyszynski entre autres, il est élu Pape. Le grand théologien Henri de Lubac, qui avait beaucoup travaillé avec l’archevêque de Cracovie, avait dit une fois à l’époque : “ Je voudrais que Paul VI vive encore longtemps, mais si nous avions besoin d’un nouveau Pape, je souhaiterais que ce soit monseigneur Woytila “. Il en fut ainsi.

En tant que Pape, il est resté un grand combattant spirituel courageux. Il faisait ce qu’il avait à faire. Ses ordres, il allait les chercher à son grand quartier général, plus particulièrement pendant l’adoration du saint Sacrement. Il ne se souciait guère d’appréciation ou de désapprobation. Surtout dans son pays natal, il voulait l’instauration de la liberté, le respect pour la dignité humaine, et la liberté de religion. L’attentat contre Jean-Paul II à la Place Saint-Pierre, par un terroriste déséquilibré, attaqua bien sa santé mais pas sa forte volonté.

Le Pape visita son pays et il donna ouvertement son appui au syndicat Solidarnosc et à son fondateur Lech Walesa. Léonid Brechnew, secrétaire-général du parti communiste soviétique, exigea du président polonais, le général Jaruzelski, de faire tout son possible pour éviter une visite du Pape en Pologne. Mais Jaruzelski avait compris que ceci était totalement hors de question, et que cela conduirait à une révolution pure et simple. Brechnew voulut intervenir manu militari, mais le Pape lui passa le message : “ Si jamais les chars soviétiques arrivent, moi j’y serai le lendemain “. On n’en est jamais arrivé à cette occupation russe.

Le dernier combat mené par Jean-Paul II fut celui contre sa fragilité corporelle, sa maladie et sa faiblesse physique. Il n’eut pas peur de se montrer dans sa faiblesse extrême et de cette façon il donna au monde entier témoignage de la dignité durable de chaque vie humaine. Il fut prêt à renoncer au ministère de Pierre et à le laisser à un autre, mais n’étant pas certain que cela soit la volonté divine, il resta à son poste jusqu’à la fin de sa vie.

Est-ce que ce Pape a commis des fautes, des erreurs ? Probablement que oui, comme tout être humain en fait. Il y en a qui contestent son dialogue avec les autres grandes religions du monde à Assise, ou le fait qu’il aurait baisé le Coran, …. D’autres lui reprochent son attitude à l’égard de la théologie de la libération, ou sa théologie entêté sur le corps humain… ! Nous y reviendrons lorsque nous parlerons de son enseignement. En Jean-Paul II nous pouvons voir comment Dieu prépare et guide minutieusement la vie d’un homme, lorsque celui-ci est prêt à se confier entièrement à l’Esprit Saint. Jean-Paul II l’a fait, avec l’assistance de la Vierge Marie. Le même Dieu et Esprit veut guider chacun pour lui donner la possibilité de remplir sa mission unique dans ce monde.

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