L’animal façonnable

07-05-2012

L’importance essentielle d’une bonne éducation

On peut entraîner un chien de façon qu’il puisse effectuer toutes sortes de tours ou de tâches, telles que l’accompagnement des aveugles, la détection des drogues ou celle des personnes qui, après un tremblement de terre, sont enfouies sous les décombres. Certains sont utilisés comme animaux de trait, d’autres pour la course et d’autres encore pour la chasse, ou pour rassembler les troupeaux. Pour réussir cette formation, il y a quelques conditions : il faut de préférence commencer aussi jeune que possible, il faut prendre en compte les caractéristiques spécifiques de l’animal et il faut savoir où se situent ses limites. La formation des chiens ou d’autres animaux est un beau métier ou passe-temps, à partir duquel nous pouvons tirer quelques enseignements qui sont parfois applicables aux êtres humains. Chez l’homme en effet la formation n’est pas quelque chose de secondaire ou d’artificiel, mais quelque chose d’essentiel pour notre humanité. L’entrainement principal est celui de l’éducation. Il commence aussi de préférence aussi jeune que possible. La comparaison avec le dressage d’un animal n’est cependant que partielle. L’homme est l’être vivant qui s’est le moins “spécialisé”, à la fois sur le plan physique et sur le plan des comportements innés. Nous n’avons par exemple pas de griffes ou d’écailles pour nous protéger contre les agresseurs, ou pas de fourrure pour nous tenir chaud. Nous sommes nés avec certains traits de caractère que nous héritons de nos parents, mais ils peuvent être généralement mis sur de bons rails par l’éducation.

La spécialisation décisive de l’homme est son intelligence. Toute vie en est pourvue, de sorte que nous pouvons dire que la vie “est de la matière dans laquelle une intelligence orientée vers un but trouve son expression”. Mais l’homme dispose d’une intelligence qui est devenue consciente d’elle-même, qui se situe et se réalise dans un monde de concepts abstraits, où il cherche et trouve les points de référence pour ses comportements. L’instinctif est chez l’homme réduit à ses besoins de base pour se maintenir en vie et il peut même, dans une certaine mesure, soumettre ces besoins à sa volonté en s’y entraînant. En conclusion, l’homme est, comme il se présente à un moment donné, le résultat de dons innés, de l’éducation, de l’autoformation et de ses conceptions philosophiques. Mais tout ceci ne fera jamais pour autant que l’on puisse prédire avec certitude ce qu’il prendra comme décision. Là intervient le libre arbitre, l’une des caractéristiques qui le distingue le plus des autres créatures. L’homme n’est jamais quelque chose de fixe, quelque chose qui est « fini ». Jusqu’à son dernier souffle, il peut changer, même si cela devient moins probable avec le cours des années. En termes religieux, nous parlons alors de “conversion”, ou éventuellement d’ « apostasie » ou de « péché ».

L’importance d’une vision claire du bien et du mal

L’homme est un événement continu, une histoire qui ne finit qu’avec la mort. Le fil conducteur de cette histoire est la lutte entre le bien et le mal, qui se produit à la fois dans son for intérieur et dans son environnement. Il peut et il doit en effet sans cesse choisir. Beaucoup de ses décisions se situent sur le plan matériel et, sur ce plan-là, il montre qu’il est plutôt très habile, avec le résultat que l’humanité a réussi plus ou moins à mettre sous contrôle une grande partie des problèmes liés à l’existence biologique. Mais l’homme est en outre confronté en permanence à des choix de nature spirituelle ou morale. Il ne vit en effet pas seul, mais il fait partie d’une communauté humaine. Dans les relations avec ses semblables, il peut choisir en vue de son propre bien-être ou de celui des autres. Il se rend compte alors qu’il y a des choses moralement « bonnes » ou « mauvaises », et qu’il doit utiliser son libre arbitre pour faire des choix (parfois très douloureux).

L’un des choix qu’il peut faire est d’ignorer la différence même entre « le bien » et « le mal », ou d’intervertir en pensée ces notions. Il peut décréter que ce ne sont pas des « catégories scientifiquement prouvées » et que ces concepts sont tributaires de ce qu’il pense être le meilleur (pour lui-même) dans une situation donnée. Il peut même aller jusqu’à faire de cette interchangeabilité un « droit humain » légalisé, ou un privilège réservé à un groupe déterminé de personnes : les dirigeants politiques, les intellectuellement doués, les riches, ceux qui appartiennent à une race, une culture ou une religion particulière… Toute l’histoire de l’humanité est marquée par les conséquences de ces choix, jusqu’à aujourd’hui. Qui y réfléchit posément doit en conclure que le risque de mauvais choix ne sera jamais écarté aussi longtemps que les êtres humains existeront. Les êtres humains peuvent trouver des solutions pour un peu tout, mais le mal ne peut être évité. Il ne peut être combattu qu’en mettant le plus possible de bien en face de lui. Le « monde façonnable » ne sera jamais idéal, et pas davantage l’ « homme façonnable » (en dépit de toutes les chansons, de tous les écrits ou de tous les sermons).

L’homme de bonne volonté ou d’un bon naturel, a donc la mission prioritaire de développer au maximum sa capacité à discerner le bien et le mal. La capacité de le faire, tous les hommes en disposent par nature, mais, comme mentionné, ils doivent tout d’abord y être éduqués. Dès les premiers âges de la vie naissent les premiers problèmes : le processus éducatif lui-même est en effet très largement déterminé par les choix que font les éducateurs. Un animal ne peut pas être « éduqué ». On peut dans une certaine mesure, lui apprendre certains comportements humains élémentaires, mais on ne peut pas en faire un homme. L’animal par lui-même ne le peut évidemment pas, et il ne présente également aucune tendance naturelle en ce sens, en dehors du fait que, par exemple, les singes ou les perroquets imitent spontanément certains comportements humains. Les animaux ne peuvent dépasser les contraintes imposées par leur spécialisation et par les possibilités limitées de leur corps et de leur cerveau. Chez l’homme, c’est tout autre chose : il peut être formé de diverses façons ou se former lui-même. En conséquence, il peut évoluer à la fois dans le sens d’une perfection spirituelle, que nous appelons la sainteté, comme dans le sens d’une augmentation de comportement animal. Certains, dans ce dernier sens, peuvent atteindre un stade similaire à celui d’un prédateur sauvage solitaire, et nous parlons alors souvent d’une « bête ».

On pourrait donc dire que le bien est tout ce qui nous conduit à une plus grande sainteté et le mal tout ce qui nous rend plus animal. Mais cela ne nous aide pas beaucoup, parce que les jugements de valeur et les concepts que nous utilisons ici sont largement tributaires des environnements culturels. Certaines cultures ont, par exemple, adopté le cannibalisme comme quelque chose de « bien », la modernité laïque fait de même avec le droit de tuer les enfants à naître (dans le cadre de programmes au profit de la « santé reproductive » !). Certaines idéologies sont allées jusqu’à proclamer l’amélioration de leur propre race comme idéal le plus élevé, au détriment de tous ceux qui étaient considérés comme « inférieurs ». D’autres mouvances « progressistes » proclament qu’il n’y a pas de différence essentielle entre les êtres humains et les animaux, et leurs meneurs affirment même que l’homme est un parasite qu’il serait préférable d’éliminer. L’histoire biblique de la tour de Babel parle d’une confusion des langues. Mais la pire confusion qui afflige l’humanité aujourd’hui n’est depuis longtemps plus de nature linguistique, mais idéologique.

L’influence de la religion ou de l’idéologie

L’essentiel dans les choix éducatifs est donc l’idéologie, où la vision de l’homme à laquelle on adhère forme le noyau. Si l’homme est considéré comme une espèce animale façonnable, cela se manifestera dans l’éducation, avec toutes ses conséquences. Un croyant ne voit pas l’homme comme un individu sur une branche quelconque dans un arbre généalogique artificiel des espèces vivantes, mais comme une personne. C’est-à-dire, un être chargé de responsabilités envers la Création en général, tout comme envers l’humanité dont il fait partie, et surtout envers son Créateur, Dieu, Allah, le Grand Manitou, le Père ou la Mère primitive, ou quel que soit le nom qu’on veuille donner à l’Être suprême. Il est la seule créature qui soit capable de prendre conscience de l’existence de Dieu et cette conscience émerge peu à peu comme le facteur le plus important dans l’expérience de son humanité.

L’homme en tant qu’être relationnel

L’homme sans Dieu est, au contraire, solitaire (le cas échéant de manière non perçue ou non consciente), il est sans âme, perdu dans un univers vide de sens, sans points de référence fermes pour déterminer son comportement. Il est spirituellement au même niveau qu’un animal, qui ne peut être conscient de l’existence d’un Créateur et qui par conséquent n’a pas de responsabilité. Ce qui est bien ou mal, il le détermine lui-même, si nécessaire en développant ou en adhérant à l’idéologie qui lui convient le mieux. Il se trouve en fait dans l’état « pré humain » illustré comme suit dans l’histoire biblique de la Genèse. Adam a nommé les animaux, mais n’a trouvé aucun animal qui lui convenait et se sentait donc seul. Dieu vit que ce n’était pas « bon ». Il avait mis la création en mouvement et l’avait qualifiée de « bonne » : elle évolua et tourna comme Il l’avait prévu. La création elle-même ne pouvait causer aucun mal, jusqu’au moment où dans cette création Il fit apparaître l’homme : un être qui était capable d’être conscient de soi. Mais cette conscience ne pouvait se développer qu’en relation avec d’autres êtres vivants et surtout dans la relation avec Celui qui est la source de toute intelligence et de toute conscience. Avant que ces possibilités ne lui soient offertes, Adam n’avait pas d’objectif clair dans la vie, pas de responsabilité et seulement la constatation qu’il n’appartenait pas au monde des animaux, bien que peu à peu il les ait nommés et classifiés.

Dans l’expérience d’une relation, se développe autant la connaissance de l’autre que la perception de sa propre identité. Cette connaissance de soi est à son tour essentielle pour la suite du développement de la cohabitation. S’éveillant d’un profond sommeil, Adam a découvert sa femme Ève. C’est seulement alors qu’il fut bien conscient de lui-même, en tant qu’homme, mari et futur père. Chez Ève se fit un processus similaire de découverte de soi en tant que femme et mère potentielle. Ils ont appris à se connaître dans leur relation mutuelle, leur sexualité et leurs différences, avec leurs caractères spécifiques, leurs capacités, leurs limites et leurs responsabilités. Cette conscience de soi atteignit un sommet dans la relation de confiance qu’ils avaient tous deux avec leur Créateur, qui se fit connaître à eux comme un Père qui les aime, et qui justement pour cela pose ses exigences. Cet amour de Dieu était la pierre angulaire de leur solidarité et respect mutuel. Ils étaient nos premiers ancêtres, le prototype de l’humanité idéale, la première “sainte famille”, les fondateurs de la conscience religieuse qui au fil des millénaires fut transmise de manière très variable, jusqu’à ce qu’elle nous parvienne. Mais ils ont payé le prix pour avoir exercé leur libre arbitre, ce qui perturba la relation avec Dieu. Ils furent donc aussi les premiers pécheurs.

L’avancée des forces hostiles à Dieu

Les éléments avec lesquels travaillent les éducateurs contemporains dans notre environnement multiculturel, sont d’une qualité très discutable. Nos pays de la mer du Nord étaient autrefois un phare dans l’histoire humaine. Ils envoyèrent leurs fils et leurs filles dans le monde entier pour éduquer les gens dans la doctrine du Christ, nouvel Adam, offert par Dieu à une humanité égarée, pour lui montrer comment elle devait vivre et à quel point son amour était grand. Le Père Damien est l’un des plus brillants exemples de cet idéalisme chrétien. Mais l’Église, qui a formé la base de ce mouvement éducatif mondial, a été infiltrée par des idées « innovantes ». Quand il fut allégué que l’on ne devait certainement “pas gagner les âmes”, cette revendication fut accueillie avec peu de résistance significative. Il était surtout question d’être ” ouvert ” et ” de son temps “. La peur d’être considéré comme intolérant ou rétrograde paralysa toute la hiérarchie de notre Église locale, qui s’est résignée à un langage « doucereux » avec lequel elle a essayé d’éviter toute controverse et avec lequel elle a convaincu de moins en moins de gens. Au lieu d’un enseignement de la religion, nos jeunes ont été aux prises avec des classes de “religions comparées”. Même le crucifix était retiré dans certaines écoles « chrétiennes » pour ne surtout pas “scandaliser” les non chrétiens, en oubliant que « faire scandale » appartient de manière indissociable à la croix par laquelle le Christ a souffert pour nous. Un pays qui se situait à l’avant-garde de la proclamation de la foi fut par conséquent, en un demi-siècle, comme avalé dans un « trou noir » dans ce domaine.

Pendant ce temps, les adversaires de la foi en Dieu n’ont bien sûr pas baissé les bras. Ils ne croient pas dans les âmes et ne peuvent donc pas non plus les « gagner ». Ce qu’ils ont fait, c’est bien bousiller l’âme de notre peuple, avec la coopération coupable ou l’absence de résistance de plus d’un prélat. La marche en avant de ces forces adversaires de Dieu progresse sans relâche, et est sans cesse alimentée par de nouvelles théories créatives. L’une des dernières dans cette lignée est la “théorie du genre” qui nie l’existence d’une sexualité certaine. On n’est pas homme ou femme parce que c’est notre nature, mais parce que la société ou nous-même, ou qui ou quoi que ce soit, l’a choisi ainsi. Cette idéologie, qui cherche à s’imposer à notre système éducatif, place une bombe à retardement dans notre système social, notre politique familiale et notre sentiment d’identité. Elle sape la raison principale de l’existence de la sexualité (une reproduction saine) et la principale conséquence de celle-ci (notre responsabilité personnelle, sur base de notre identité sexuelle).

Nous sont servis aussi de plus en plus toutes sortes de “tips” éducatifs et pas seulement dans des revues de deuxième ou troisième catégorie. Par nos chaînes flamandes, nous avons récemment été informés d’une manière détaillée sur les activités subventionnées par l’État de l’association “Steunpunt Jeugd“. C’est apparemment une organisation sœur de “Sensoa“, qui a acquis d’une manière ou de l’autre une sorte de monopole sur l’éducation sexuelle des écoliers flamands. Elle a rédigé une brochure pour apprendre aux dirigeants d’associations de jeunes la bonne attitude à prendre lorsqu’ils sont confrontés à des situations à connotation sexuelle. La masturbation en groupe dans une tente, par exemple, est considérée par l’association comme « normale », et elle déconseille de s’y opposer. Jusqu’à présent, nous n’avons pratiquement pas vu ou entendu de réaction à cela, ni du côté ecclésiastique ni du côté séculier. Alors n’hésitez pas à envoyer vos enfants à la multiculturelle ex-chrétienne Chiro ou aux ex-catholiques scouts, ils sont dans des mains expertes et en apprendront plus que ce que vous avez cru possible. De même au sujet de l’éducation dans votre école « catholique », ne vous inquiétez pas. Vos enfants (via Sensoa) y recevront une éducation sexuelle de qualité garantie par le gouvernement, strictement réservée aux écoliers eux-mêmes. Même leurs propres enseignants de religion ne peuvent y assister …

Les conséquences d’une éducation religieuse défaillante

Où est la parole d’autorité de nos dirigeants d’Église ? Est-ce leur devoir uniquement de mener à bien l’abandon de nos églises, sans trop d’effets psychologiques secondaires ? D’endormir les catholiques inquiets avec des paroles doucereuses ? Vaincus par la peur des médias ? Souffrant du syndrome de l’autruche ? « Allez et enseignez » dit le Christ, et non pas « Regardez, et taisez-vous ». La meilleure façon d’instruire les jeunes aux conceptions morales et religieuses, consiste en premier lieu à leur enseigner sans complexes la doctrine et le témoignage de l’authentique message de l’Évangile, dans toute sa richesse et ses conséquences. Ensuite, on peut les interroger sur ce qu’ils en pensent et ce qu’ils en ont retenu. Actuellement, on leur demande la plupart du temps leur opinion, alors qu’on ne leur a enseigné que des généralités. Qu’est-ce qui reste de l’instruction religieuse catholique, mise dans la pratique par nos évêques entièrement dans les mains de laïques (dirigés par les ex-catholiques KU Leuven et UCL). Même les jeunes qui (encore maintenant) sont miraculeusement convertis au catholicisme, ne trouvent plus leur compte dans des soi-disant milieux catholiques.

Si nous laissons s’égarer ainsi l’enseignement de la foi chrétienne, nous sommes coresponsables de ce que d’autres auront fait de nos descendants : des libres penseurs, des adeptes de sectes ou de religions non-chrétiennes, des accros au sexe, … Ou peut-être des machines à penser robotisées ? Ou des bêtes incontrôlables ?

IVH

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