Le monde est-il surpeuplé?

Anxiété de surpopulation

Sur le site du magazine Knack, un article de Dirk Draulans est apparu le dimanche 16-12-2012, dans lequel il a vivement critiqué le philosophe « omniprésent » Prof. Em. Etienne Vermeersch. Convaincu de la menace de surpopulation à l’échelle mondiale, il a dénoncé la partialité de l’athée gantois, qui ne cherche la solution que dans un contrôle drastique des naissances, alors que selon le biologiste Draulans, l’augmentation du vieillissement devient le plus gros problème. Un déluge de commentaires a suivi. Presque tous les écrivains étaient convaincus de l’aspect catastrophique de la croissance démographique actuelle. La plupart ont réagi très négativement à l’article et se montraient en faveur de la propagation croissante de la contraception.    

Un auteur, Guillaume Plas, a répondu avec un long article plein de données chiffrées qui devaient montrer à quel point ça va mal avec notre terre, à la suite de la multiplication effrénée de l’humanité. Il est un Malthusien convaincu et celui qui approuve ses conclusions croit que notre monde est sur le point de s’effondrer avec des allures apocalyptiques en raison de la surpopulation humaine. Cela s’inscrit bien dans le battage médiatique actuel sur la fin des temps qui aurait été prédit par les Mayas, ainsi que dans le discours d’autres prophètes de la fin imminente des temps.

Voici une réaction contre l’approche unilatérale de cette question.

Il y a une partie de vérité dans les arguments de Dirk Draulans sur l’impact de l’augmentation de la durée de vie moyenne sur la croissance de la population mondiale, mais le sujet de la « croissance de la population mondiale » était trop complexe pour être traité dans une courte colonne. C’était d’autant plus le cas avec la plupart des commentaires qui ont suivi. Pratiquement tous mettaient l’accent sur un ou seulement quelques des paramètres ou des facettes qui sont importants à cet égard.

L’un veut moins d’enfants (que ce soit ou non avec l’idée que cela permet d’épargner beaucoup de fardeau), l’autre veut réduire les coûts de l’augmentation de la population vieillissante. Presque tous sont obsédés par l’idée fixe de la « surpopulation ». Dès l’antiquité, il y avait déjà des problèmes avec ce que l’on appelle la surpopulation, en raison de la peur des pénuries ou du désir d’une plus grande abondance.  Malthus a donné à cette peur ancienne une touche scientifique, bien que ses théories se soient avérées incorrectes dans la pratique. Il a également oublié de prendre en compte certains paramètres et potentialités. La production alimentaire, par exemple, a augmenté beaucoup plus rapidement que la population mondiale. L’erreur principale de raisonnement est que l’on aborde l’homme principalement comme un être consommant et polluant.  On oublie que l’homme moyen produit plus que consomme, sinon l’humanité aurait disparu depuis longtemps.

Une donnée de base n’est presque pas abordée : le processus reproducteur se déroulant de manière naturelle a plusieurs fonctions qui sont d’une importance primordiale. Il assure le maintien du cycle de vie malgré le vieillissement et la mortalité. Il encourage à participer à la constitution de réserves stratégiques, qui peuvent aider une population à survivre à de graves catastrophes. Il assure également la diversité génétique nécessaire, en faisant venir au monde suffisamment de personnes avec des talents différents et éventuellement exceptionnels. Il protège notre espèce de la dégénérescence. Etc… La condition décisive est un taux de fécondité suffisamment élevé. Cela signifie en tous cas plus de deux enfants par couple, parce qu’un pourcentage d’enfants n’atteindront jamais l’âge de la procréation.

L’utilisation générale des contraceptifs perturbe complètement ce cycle naturel. Cette utilisation a des effets considérables sur la santé publique à plus long terme, surtout si elle est combinée avec une médicine qui permet qu’également des gens se reproduisent qui sans cette assistance médicale ne pourraient pas le faire. Un affaiblissement grave et peut-être même catastrophique du potentiel génétique humain est la conséquence prévisible. Le couple moderne est donc « protégé » d’enfants à charge, mais la population à laquelle il appartient perd la protection par excellence contre la dégénérescence biologique.

Enfin, le terme « surpeuplement » n’est seulement applicable qu’aux zones urbaines et aux bidonvilles qui, dans leur totalité, n’occupent qu’une partie minuscule de la surface de la terre. L’humanité doit apprendre à utiliser les ressources disponibles à bon escient, à les recycler et à compenser efficacement les effets secondaires néfastes de son existence. Le meilleur remède pour cela n’est pas l’élimination des personnes âgées ou des enfants à naître, mais l’éducation d’un sens des responsabilités, de la solidarité, du respect de la nature dont nous faisons partie et surtout : la gratitude à Celui qui nous a donné ce beau globe comme notre habitat, avec sa richesse incroyable des moyens les plus divers de production et de possibilités, dont nous n’avons probablement même pas découvert bien des choses.

Dans son commentaire sur l’article de Dirk Draulans, Guillaume Plas a frappé les lecteurs avec un exposé plein de chiffres qui doivent prouver ses théorèmes malthusiens. Cela semble impressionnant, mais les conclusions qu’il tire sont-elles exactes ? Il commence par blâmer l’homme pour la « désertification ». Il oublie que le contraire est aussi vrai : regardez par exemple aux Israéliens qui réussissent à rendre leurs propres régions désertiques et celles d’autres fertiles. Dans la plupart des pays, il y a encore des zones incroyablement grandes qui attendent l’exploitation. Notre propre pays et les Pays-Bas sont parmi les pays les plus densément peuplés au monde et pourtant ils appartiennent aux pays de bien-être. On trouve même chez nous encore des terres inexploitées.

M. Plas a également inclus dans son argumentation le réchauffement climatique en raison de l’activité humaine. La Terre a déjà subi beaucoup de changements climatiques profonds, qui n’étaient pas dus à la surpopulation d’une espèce ou d’une autre. La perturbation par l’homme n’est pas due à la surpopulation, mais au gaspillage, à la souillure évitable de l’environnement, à la mauvaise utilisation des terres agricoles, etc. La Turquie était un pays en grande partie aride bien avant qu’il n’y ait « surpeuplement », alors qu’auparavant, selon d’anciens écrivains, elle avait été densément boisée. La déforestation irresponsable et non compensée, pour la fabrication de la poterie, la ferronnerie et d’autres activités industrielles, en est la cause, et non la « surpopulation ».  On peut en dire autant de nombreuses autres régions, y compris en Afrique du Nord et en Amérique du Sud.

Il n’y a absolument aucune pénurie d’eau sur terre, bien au contraire. Il y a, bien sûr, une pénurie d’eau potable dans beaucoup d’endroits, ce qui est un problème très différent, qui peut être résolu assez facilement avec la technologie moderne. Il n’y a pas trop de gens, mais trop de gens égoïstes. Cela était et est toujours la cause des conséquences destructrices de l’existence de l’humanité. La pénurie d’énergie est un autre mythe terrifiant qui doit soutenir le pessimisme malthusien. Cependant, seulement dans l’énergie éolienne et solaire directe il y a plus qu’assez de réserve pour fournir à un multiple de la population actuelle du monde tout ce dont elle a besoin.

G. Plas a également présenté des chiffres concernant la surface de la terre habitable, sans plus de précisions. Chacun peut calculer par lui-même que toute la population mondiale actuelle peut théoriquement être installé avec suffisamment d’espace vitale sur une toute petite surface de notre globe. Nous ne devons donc pas avoir aucune peur d’être écrasés ou d’être poussés à la mer, ou …

 « Chaque année, 9 à 10 millions de personnes meurent de faim » était l’une de ces clichés non précisés. D’une part des gens sont toujours morts de faim et d’autre part le taux actuel est plus faible que celui des siècles précédents, parce qu’il y a plus qu’assez de nourriture disponible à l’échelle mondiale et en plus elle est distribuée toujours plus efficacement. Le fait qu’il existe toujours quelque chose comme une famine à grande échelle, prouve que les mécanismes de solidarité mondiale présentent encore de graves lacunes, en raison de la négligence ou de l’indifférence.

« L’Inde succombe à la surpopulation » : on nous a dit cela pendant plus d’un demi-siècle, mais l’état de l’Indien moyen s’est maintenant amélioré, malgré tous l’alarmisme malthusien, principalement en raison de l’amélioration des techniques agricoles et une meilleure formation de la population (à laquelle des missionnaires catholiques et autres ont apporté une contribution à ne pas sous-estimer). Le fait que notre planète soit finie est, bien sûr, une certitude mathématique, mais cela ne prouve pas qu’il ne serait pas en mesure de fournir à une population humaine croissante tout ce qui est nécessaire, pour très longtemps encore.  Notre planète a encore beaucoup de possibilités inexplorées et l’ingéniosité humaine est loin d’avoir atteint ses limites.

Par-dessus tout, nous devons apprendre de nos erreurs et non seulement ne pas gâcher la nature qui nous entoure, mais non plus notre propre nature. Le désir de procréer en fait partie. Nous devons apprendre à le contrôler, non pas avec des moyens artificiels tueurs, mais avec une éducation saine à une utilisation contrôlée de notre fertilité naturelle. Cela doit être fait dans le respect des lois de la nature qui ont conduit l’évolution de la vie et continuent de le faire, en tenant compte de l’intention de notre fertilité naturelle et les conséquences génétiques à long terme de notre comportement reproductif.

Quelques derniers faits incontestables à penser. Une nouvelle génération qui est stérile dans son ensemble suffit à faire disparaître l’humanité de la surface de la terre pour de bon. Une pandémie peut suffire à que seulement une fraction de la population mondiale survive. Plus les interventions sur la fertilité naturelle se poursuivent, plus une telle catastrophe devient probable, en raison de l’affaiblissement du potentiel génétique humain.

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