Lettre ouverte au clergé catholique belge

23-04-2021

Comment arrêter la poursuite du déclin de notre Église ?

Chers frères et sœurs, nommés pour enseigner et guider le peuple de Dieu,

Cette lettre ouverte est une réponse aux circonstances particulières que nous traversons dans notre Province ecclésiastique belge. Les événements récents nous obligent, en tant que catholiques fidèles, de faire ce pas inhabituel. Notre Église languit systématiquement depuis longtemps et risque maintenant de périr dans une dispute fraternelle inutile. Inutile, parce que la raison principale en est la doctrine bien connue de l’Église sur la morale sexuelle, clairement définie dans le catéchisme de l’Église catholique.

Dans sa préface, saint Jean-Paul II a écrit : « Que, par l’œuvre unificatrice et complémentaire de toutes les couches qui composent le peuple de Dieu, le catéchisme soit connu et accepté par tous afin que l’unanimité de la foi, dont la source et le principe se trouve dans la Trinité, puisse être renforcée et étendue jusqu’aux limites de la terre » (Traduction de la version Néerlandaise).

Peut-être que notre province de l’Église ne tombe pas dans ces limites, parce que ce qui a été et est proclamé dans nos médias et même de certaines chaires, est à plusieurs égards complètement en contradiction avec le catéchisme. Cela ne contribue certainement pas à l’unité à poursuivre au sein d’une Église catholique (ou « universelle »).  Elle est également en contradiction avec la supposée continuité de la doctrine de l’Église et cela est encore plus grave. Une Église qui contredit aujourd’hui ce qu’elle a proclamé hier et tous les siècles avant perd irrévocablement sa crédibilité, car pour ce dernier elle fait appel au Saint-Esprit.

Un esprit qui se contredit ouvertement au fil du temps ne peut guère être appelé saint, surtout s’il a imposé durant plus de 20 siècles des obligations morales aux croyants, qui, selon ses nouvelles idées seraient erronées ou impitoyables. Ceux qui suivent cet esprit dégradent leur doctrine de facto en directives sociales adaptables, à la mesure de ce que leurs contemporains veulent encore accepter. De cette façon, ils créent un pseudo catholicisme « à la carte » ou « à la mode ».

Le Christ n’a pas établi son Église afin d’atteindre les taux d’adhésion les plus élevés possibles et certainement pas pour « bénir » divers engagements sexuels. Logiquement, après les couples hétérosexuels et gays, nous devrions alors commencer à bénir les trios ou quartets bisexuels, pour ensuite servir les transsexuels voulant se (re)marier, etc. Au contraire, nous avons toujours appris que la tâche de l’Église du Christ est de montrer aux gens le bon chemin vers la perfection et la vie éternelle avec Dieu. Cela ne peut être fait qu’en nous détournant des tendances pécheresses que nous avons tous dans une certaine mesure et après le pardon de nos fautes.

La doctrine morale proclamée par les apôtres contrastait fortement avec les coutumes et les mentalités habituelles de leur temps. Dans les peuples environnants, des choses comme la pédérastie et l’homosexualité étaient très courantes et acceptées par beaucoup. Dans ce monde, il y avait un petit peuple qui a toujours fortement désapprouvé de tels comportements : les Juifs. Pour cela, ils s’appuyaient sur les commandements de Dieu qu’ils avaient reçus par Moïse. De la Bible, nous pouvons déduire que la doctrine morale qui y est contenue remonte au moins à leur ancêtre Abraham, le fondateur des religions monothéistes. La même source nous enseigne que l’origine générale de nos déviations pécheresses se trouve dans la désobéissance aux commandements de Dieu par les ancêtres de notre espèce humaine. Dieu n’a « créé » personne avec des anomalies sexuelles ou autres. Notre foi nous enseigne qu’ils sont tous le résultat de comportements humains pécheresses dans le passé.

Ainsi, nous pouvons dire que cette doctrine nous a été accordée par Dieu par ses prophètes et son peuple élu pour notre salut. Christ nous a exhorté à n’y pas changer un iota (Mt 5,18-19) et l’apôtre Paul nous a gravé dans l’esprit : « Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs » (Gal.5 :24). Il se prononce plus en détail dans Romains 1:24-27, 1 Corinthiens 6:9-10, 1 Timothée 1:10.  Dans Judas 1:7 nous sommes également avertis de ne pas nous rendre aux péchés charnels. Notre catéchisme actuel répète essentiellement la même chose (CEC, 2357-2359). L’Église catholique a développé une vision claire et cohérente sur ce sujet, qui s’inscrit à la fois dans la protection d’une reproduction humaine saine, et dans la protection du mariage hétérosexuel et de la famille, comme fondement naturelle de nos liens familiaux et unité de base de la société humaine, ainsi que dans notre mission personnelle de rechercher la perfection, etc.

Si nous permettons d’éroder davantage ces fondements moraux chrétiens, en raison d’une tendance à céder à ce que la « modernité » nous impose avec des arguments pseudoscientifiques (ou à cause d’une « miséricorde » mal comprise), alors nous contribuons à la disparition de notre Église. En effet, elle n’est pas basée sur des propositions populaires ou des théories scientifiques, mais sur les révélations de Dieu à l’homme aveuglé par ses faiblesses.

Il y a seulement 50 ans, l’adaptation interne de notre Église à la modernité a été initiée, et depuis lors, partout où cet « aggiornamento » a été élevé sans esprit critique au rang de moyen salvateur unique, elle s’est détériorée de façon spectaculaire.  Il y a à notre avis un bon remède à cela : le retour aux sources évangéliques et bibliques, non pas pour les « réinterpréter » davantage de manière destructrice, mais pour mieux les comprendre et les chérir comme nos indispensables phares spirituels de lumière.

Chers frères et sœurs ayant une position responsable dans notre Église bien-aimée : cette lettre n’a pas du tout été écrite à partir d’une attitude rigide, ou d’une tendance à la pédanterie ou alarmiste, mais d’une vigilance très préoccupée pour l’avenir de notre communauté de foi catholique. Si nos provinces ecclésiastiques occidentales ne rejettent pas radicalement le modernisme qui les affecte, elles sont devenues sans sel, inutiles et condamnées à se désintégrer, à disparaître, ou à devenir des églises d’État folkloriques.  

Vos commentaires et recommandations sont les bienvenus, en réponse au bas de cette page. Vous pouvez répondre avec n’importe quel nom d’utilisateur, mais si possible, veuillez indiquer votre fonction ou position ecclésiastique (frère, sœur, profane, curé, …). Les commentaires irrespectueux ne seront pas inclus. Vous pouvez également envoyer un article personnel à ce sujet dans la fenêtre de la page « Contact », qui peut ensuite être traité séparément.

Ainsi, nous créons les conditions d’un débat ouvert et serein, au service d’une Église qui répond aux attentes du Christ.

Cordialement,

Dirk Baeten

Ivo Van Hemelryk

7 reacties op “Lettre ouverte au clergé catholique belge”

Vous indiquez une motivation à un échange de vue ouvert et approfondi, c’est pourquoi je vous remets brièvement trois observations par rapport à votre lettre.

1. Les questions de l’homosexualité ou de pastorale différenciée dans l’Eglise ne sont pas des sujets nouveaux, mais sont discutés depuis quelques années (par exemple: synode sur la famille). Il me semble donc inapproprié de faire mention de circonstances particulières voire inhabituelles. Votre texte tend à présenter la Belgique comme un rare lieu où les évêques tendent à réformer sur ces questions, ce qui est également incorrect.

2. Le caractère qui tend à conserver fidèlement et de façon cohérente la doctrine est évidemment important et vous avez raison de plaidoyer contre les effets de mode. Mais votre texte tend à présenter ce caractère conservateur comme un absolu, ce qui serait manifestement une erreur. L’Eglise doit, par exemple, être à l’écoute de la science. L’Evangile nous apprend que l’homme n’est pas fait pour la loi, mais la loi pour l’homme. Dès lors, l’essentiel est de discerner la volonté de Dieu, chercher à comprendre en quoi la doctrine réflète cette volonté, bien entendu, mais aussi, parfois me semble-t-il, accepter d’aller au-delà de la doctrine elle-même et de la réformer pour mieux suivre cette volonté.

3. Les motivations que vous prêtez à vos contradicteurs ne sont selon moi pas correctement rapportées. Dans leur chef, il ne s’agit pas d’une volonté de céder à la modernité quoi que ce soit mais d’accueillir d’une meilleure façon dans l’Eglise des personnes qui, du moins pour vos contradicteurs, vivent un engagement fidèle et fructueux. Apporter cette objectivité à votre lettre est une précondition importante à un dialogue réellement constructif, mais peut-être ceci n’est pas vraiment votre objectif.

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Les circonstances particulières proviennent du fait que Mgr. Bonny a rejeté ouvertement dans nos médias la morale de l’Église concernant les actes non hétérosexuels, reconfirmée par la Responsum de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Plusieurs évêques belges appuyé Mgr. Bonny. La “science” n’a aucune autorité morale et nous a rien appris qui puisse désapprouver la morale catholique. Le fait que la loi est au service de l’homme ne signifie pas qu’elle peut être changée en son contraire. Il y a certainement une tendance forte et publique dans notre Église belge à céder au modernisme, surtout dans les milieux théologiques, et elle est même répandu à partir de certaines chaires et des médias ecclésiastiques. Pour le reste, nous suivons les enseignements de l’Église concernant l’accueil pastoral de ceux qui ne sont pas complètement fidèles à leurs obligations chrétiennes.

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Le paragraphe ” Il y a seulement 50 ans ….” peut paraître une critique de Vatican II . Ce paragraphe devrait être approfondi et retravaillé.

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Je suis entièrement en accord avec votre lettre et croyez-moi, notre groupe de prières et bien d’autres personnes, déplorons ce relâchement de l’ÉGLISE. La Parole du Christ ne change pas. “Allez à temps et à contre-temps”. Je suis catholique romaine. Merci à vous. Que Dieu vous bénisse.

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En tant que chrétienne d’Orient, pour l’instant, nous ne sommes pas directement confrontés aux problèmes d’homosexualité ou de reconnaissance de mariages gay….car cela n’est pas encore très répandu dans nos sociétés.

Et la raison en est que:
– d’une part, le maraige des prêtres a toujours été admis et reconnu, dans tous les rites chrétiens ( maronite, catholique, orthodoxe, syriaque, chaldéenne…), car, comme vous le savez, tous les rites chrétiens nés depuis les premiers siècles du christianisme existent dans nos régions. Le mariage des prêtres a beaucoup contribué à éradiquer le problème de pédophilie ou d’homosexualité.
L’Occident est donc invité à revoir la permission des mariages des prêtres et à l’instituer officiellement.

– d’autre part, dans nos sociétés, le maraige d’homosexuels et l’adoption d’enfants par des personnes gays ne se posent pas, car cette idée est loin d’être répandue.
L”occident, au nom de la laicité, de la liberté de vie et d’expression est allé trop loin et en est arrivé à la permissivité à outrance…il n’y a plus de limites imposées, AU NOM DE LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE, ou pire, AU NOM DE LA LAICITÉ et de la liberté de religion…

Là aussi, le monde occidental est atteint d’un mal incurable.
Le remède demeure la PRIÈRE, LA PRIÈRE pour que le mal recule et que les coeurs et les esprits s’ouvrent à la vérité.

Le témoignage de ceux qui restent des enfants de Dieu, la catéchisation des nfants, futures générations qui bâtiront les sociétés de demain, l’affermissement des structures familiales…constituent peut-être des voies à suivre…

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Les réactions publiées ici viennent toutes de laïcs. Cela indique une grande peur de la part du clergé d’exprimer ouvertement leur opinion dans ce cas. Le manque de transparence au sein d’une Église qui aime se présenter comme « ouverte » et « inclusive » est typique du malaise actuel. Il remet en question sa crédibilité et dénonce un grave manque de confidentialité et d’unité.
Il est important de clarifier les faits et les situations qui sont à l’origine du déraillement ecclésiastique. À cette fin, nous avons publié le “Responsum” qui a donné lieu à cette discussion. Voir : « Au sujet de la bénédiction des unions de personnes du même sexe » dans notre section « Catéchèse ». Une recherche des causes profondes des graves tensions internes peut être trouvée dans « Le problème central : Qu’est-ce que l’amour » sous « Réflexions thématiques ».
Dans ses conférences de presse, Mgr Bonny a évoqué à plusieurs reprises les décisions du Synode sur la famille et l’exhortation « Amoris Laetitia ». On peut lire dans quelle mesure cela est justifié, dans l’analyse approfondie de la Canis Society sur: https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScNA4L-nAftHoExvOiu6tLNyc7Ko3YFlpum7FXYWSwRTbHFbA/viewform . (Pour le moment disponible en néerlandais et anglais. La traduction française suivra bientôt).

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