Rome

Á la recherche d’une bénédiction…?

18-05-2021 (Traduction propre de l’article du R.F. René Stockman)

Il semble que la tempête soit passée autour de la Réponse de la Congrégation de la Doctrine de la Foi à la question s’il est permis ou non de donner une bénédiction à la relation entre personnes du même sexe.  Cependant, certains ne pouvaient pas attendre un jour pour réagir violemment et émotionnellement et exprimer leur dégoût total face à la décision prise par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.  Ils ont évidemment reçu tous les éloges et le soutien des politiciens flamands, des médias et du lobby LGBTI.

Dans une telle atmosphère, il devient difficile de mettre le contenu et l’objectif de la réponse à une question posée dans son contexte approprié, d’une manière sereine et équilibrée.  Ceux qui osent le faire, reçoivent immédiatement une avalanche d’indignation.  Pire encore, ils sont accusés de discrimination à l’égard des personnes qui sont dans une relation homosexuelle et catalogués comme des conservateurs répréhensibles, avec une morale catholique archaïque.  On résisterait consciemment au vent nouveau qui depuis plusieurs décennies souffle dans la théologie morale et qui met l’accent sur l’intention avec laquelle et la situation dans laquelle une action est faite.

Le Concile Vatican II a renouvelé la vision du mariage et l’a formulé de façon rafraîchissante comme le lieu par excellence où l’amour mutuel est vécu. Nous pouvons vraiment être heureux avec cette vision renouvelée et élargie. 

Cet amour mutuel est également vécu par des gens du même sexe qui s’aiment vraiment et veulent s’engager dans cet amour, ce que l’on aimerait voir confirmé par une bénédiction de l’Église.

Lorsque l’Église exprime sa bénédiction sur un mariage religieux, ce mariage n’est pas considéré exclusivement comme une histoire d’amour mutuel, mais aussi comme une relation entre un homme et une femme, et en même temps avec Dieu, où l’ouverture aux enfants par des relations sexuelles entre eux est une caractéristique inhérente. Une impossibilité biologique concrète d’avoir des enfants dans un tel mariage, que ce soit pour des raisons d’infertilité, ou à cause de l’âge, n’enlève rien à cela, parce qu’elle ne modifie pas les caractéristiques essentielles du mariage en tant qu’institution.  Cette définition du mariage est déjà considérée par beaucoup comme une expression d’homophobie ou de discrimination ecclésiastique.  Cependant, le pape François a clairement affirmé l’égalité des homosexuels et leur acceptation inconditionnelle, avec amour et soutien, ainsi que la possibilité d’un contrat de cohabitation légale dans le système de justice civile.

Cependant, l’Église n’approuve pas les relations sexuelles en dehors du mariage entre un homme et une femme, que ce soit pour les hétéros ou pour les gays parce qu’ils ne se conforment pas au plan de salut révélé par Dieu et ne sont donc objectivement pas « ordonnés ». L’Église les appelle pécheresses parce qu’ils vont à l’encontre de la « nature » de l’homme dans laquelle la sexualité est pratiquée dans le cadre du mariage.

Mais le « péché » (une infraction « objective ») doit être distingué de la « culpabilité » personnelle. Il peut y avoir de nombreux facteurs (p. ex. orientation) qui réduisent, voire éliminent la culpabilité, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de « péché ».

Si, en raison de sa vision du mariage, l’Église ne peut approuver une relation sexuelle entre partenaires du même sexe, on ne peut pas s’attendre ou exiger qu’elle la bénisse.

La question se pose de savoir ce qui pourrait être mal avec une bénédiction de cette relation homosexuelle ?  Il y a quand même beaucoup de bénédictions qui sont données et qui n’ont pas de valeur sacramentelle du tout ! Ces bénédictions sont alors appelées des « sacramentaux ».  Rien que dans le monde religieux, par exemple, il y a la bénédiction de l’abbé ou de l’abbesse, la consécration des vierges et aussi la profession religieuse.  Ce ne sont pas des sacrements, mais ils consacrent la personne à Dieu d’une manière particulière, et cette consécration reçoit une bénédiction. Des personnes ou des objets peuvent également être bénis pour les placer sous la protection spéciale de Dieu, ou pour donner à ces objets une fonction religieuse.  Ces personnes ou objets en eux-mêmes n’ont aucune valeur morale.  Mais dans tous ces exemples il s’agit de gens qui veulent se consacrer au service de Dieu et veulent de manière conséquente vivre une vie en accord avec l’Evangile ; ou bien d’objets qui acquièrent une fonction religieuse. 

Cependant, la bénédiction d’une relation homosexuelle – même de l’ordre d’un sacramental – inclurait implicitement l’approbation de cette relation, qui selon les enseignements de l’Église n’est pas possible.

Est-ce une discrimination injustifiée et une expression d’homophobie ecclésiastique ? En aucun cas, comme expliqué ci-dessus. L’égalité de traitement des personnes en tant que personne n’exige pas d’uniformité, et l’équivalence n’exige pas l’approbation de tous les actes.

L’Église sera-t-elle pastoralement en tort si elle refuse une telle bénédiction ? Quand maintenant tout est concentré sur la question de savoir s’il faut ou non prononcer cette bénédiction, il semble que l’Église commette ici une négligence pastorale et laisse des gens dans le froid et les exclut.

Cependant, la bénédiction est-elle le seul moyen d’être pastoralement proche des gens ? Cela ressemble à une vision tunnel où tout est concentré sur cette bénédiction et tout le reste y est lié. Il y a tant de façons d’être pastoralement proche des gens et aussi de leur donner un rôle dans l’événement ecclésiastique, qui de fait sont employés largement aujourd’hui, sans que cela doit dépendre d’une bénédiction. Rappelons-nous aussi que l’Église a pour mission d’être « Mater et Magistra », mère et enseignante en même temps.  Ces deux-là ne peuvent pas être séparés, mais ils sont très complémentaires et ont besoin l’un de l’autre.  Cela signifie que la pastorale peut aller très loin, mais que l’on doit connaitre et respecter aussi les limites que la doctrine apporte. Une doctrine ne peut être sacrifiée pour des raisons purement pastorales. Nous voyons en Jésus un équilibre complet entre la doctrine et l’approche pastorale. 

Je ne dis pas qu’on ne peut pas discuter de la doctrine de l’Église et des documents du Vatican, mais les attaquer immédiatement et les rendre suspects comme s’ils viennent d’une arrière-salle d’un groupe d’intégristes obscurs est intellectuellement incorrect et injuste. L’amour pour l’Église mérite mieux, et la question peut être posée dans quelle mesure ces déclarations sont inspirées par les perspectives idéologiques et politiques de groupes qui se soucient moins du bien-être et du bonheur des homosexuels que de la lutte contre l’Église et de la destruction de la morale chrétienne. Exigerons-nous dans quelque temps de l’Église la bénédiction du « droit aux enfants » pour un couple de lesbiennes par le biais d’une procréation médicalement assistée ou par gestation pour autrui pour un couple gay masculin ?  Si ce débat est également « médiatisé » et « émotionalisé » à intervalles réguliers, l’appel à l’approbation ecclésiastique ne se feront pas attendre.

Une dernière pensée. Le responsum est écrit non seulement pour la Flandre, mais pour l’Église mondiale. Abandonnons la prétention de penser que seule notre vision est la bonne, considérants que les autres sont médiévales. Un peu plus de respect pour les autres cultures nous ferait du bien, aussi dans ce domaine. Nous avons une aversion légitime pour certaines pratiques de l’époque coloniale. Mais les mêmes pratiques coloniales ne sont-elles utilisées aujourd’hui – d’une manière plus subtile et cachée – lorsque nous voulons imposer certaines de nos idées manu militari au Sud ? Avec ça nous ne voulons en aucun cas excuser les attitudes et les discours homophobes qui existent encore dans d’autres continents, bien au contraire.

Surtout quand on confesse comme l’Église du Christ la catholicité (qui correspond à l’ensemble), cela veut dire, même en Flandre, deux choses : d’une part toute l’Église globale et universelle, proclamant d’autre part la vraie foi totale.  Les communautés ecclésiastiques qui ne choisissent qu’une partie de la vérité ou qui ne veulent agir que pour un peuple, une culture ou une couche de population particulière ne peuvent pas, en tant que telles, revendiquer la désignation « catholique ».  Il s’agit d’une idée fondamentale de base de l’ecclésiologie – cela dit comme un rappel pour les gens de l’Église parmi nous -.

Peut-être pouvons-nous finalement être satisfaits de ce ‘Responsum’, au moins parce qu’elle nous donne l’occasion d’évaluer un certain nombre de questions et d’arriver ainsi en même temps à une vision plus nuancée et clarifiée.

Certaines réactions à cette réponse vont certainement dans cette direction, tandis que d’autres se contentent de défendre leur propre vision. Ce dernier est un piège contre laquelle nous devons tous nous prémunir.

Frère René Stockman

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