Rome

La désacralisation de la Création

01-07-2015

Laudato si (Loué sois Tu), les mots du cantique de Saint François et le nom de la nouvelle encyclique de son homonyme papal, confirment le caractère sacré de la création. Elle est sacrée parce qu’elle est le résultat de la volonté de Dieu, comme la Genèse l’explique dans un langage fleuri et sublime. Tous ceux qui accomplissent la volonté de Dieu en paroles et en actes participent à ce caractère sacré. Celui qui ne le fait désacralise la Création dont il fait partie. Le Christ l’exprimait notamment ainsi : “Ce n’est pas ce qui entre dans sa bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de sa bouche, c’est ce qui souille” (Mat. 15, 11).

Ce qui entre dans la bouche fait en effet partie de la création et donc ne la souille pas, pas plus que la personne qui l’avale. Ce qui, en revanche, souille la création et l’homme, ces sont les paroles, actes et intentions qui sont contraires aux lois de Dieu. Par exemple, avaler ou servir intentionnellement un poison mortel, s’asservir ou asservir les autres à l’alcool, à la drogue ou à la pornographie …, mais également empoisonner la terre ou polluer l’air par esprit de lucre, gaspiller des denrées rares par soif de jouissance, tenir les revenus du travail dans les mains d’une élite minoritaire, faire des enfants des machines à tuer, éduquer les médecins à devenir des assassins avorteurs ou euthanasieurs, tuer des gens pour leur foi, donner une éducation sexuelle matérialiste aux enfants… Tout ceci ne fait pas qu’affecter la force de vie de la création, mais la désacralise aussi en une création qui ne fonctionne plus selon l’intention de son Créateur.

D’une inspiration évangélique, nous trouvons ici la cause fondamentale de tout ce qui ne va pas dans notre monde et c’est la vision que le pape expose dans son encyclique. Elle a eu beaucoup de retentissement, mais les médias ne citent seulement que les passages qui conviennent le mieux à la caricature “progressiste” qu’ils veulent faire du pape. Nos médias veulent nous présenter forcément un pape François qui est pleinement occupé à accomplir les rêves modernistes, où la doctrine traditionnelle de l’Eglise devra s’effacer devant les “nouvelles vues théologiques” à la mode à la KUL et à l’UCL. A titre correctif, nous publions ci-après quelques passages de cette encyclique volumineuse (voir n° 14 ci-après), qui sont systématiquement passés sous silence par nos médias, ensemble avec toute une série d’autres tirés de ses allocutions récentes. Ils dévoilent le vrai monde de pensée de ce chef religieux controversé. 

Sources :             Begicatho, 23-06-2015. Sandro Magister : sur chiesa.espresso.repubblica.it 

1. Extrait du discours adressé, le 15 mai 2015, aux évêques de République Centrafricaine :

Je ne peux que vous encourager à prêter à la pastorale du mariage toute l’attention qu’elle mérite et à ne pas vous décourager devant les résistances provoquées par les traditions culturelles, la faiblesse humaine ou les colonisations idéologiques nouvelles qui se répandent partout. Je vous remercie aussi pour votre participation aux travaux du Synode qui se tiendra à Rome en octobre prochain.

2. Extrait de l’allocution brève prononcée lors de l’audience générale du mercredi 20 mai 2015 :

Se sont multipliés les soi-disant experts, qui ont repris le rôle des parents également dans les aspects les plus intimes de l’éducation. Les experts savent tout sur la vie affective, sur la personnalité et le développement, sur les droits et les devoirs : objectifs, motivations, techniques. Et les parents doivent seulement écouter, apprendre et s’adapter. Privés de leur rôle… ils tendent à les confier toujours davantage aux « experts », également en ce qui concerne les aspects les plus délicats et personnels de leur vie, se mettant tout seuls sur la touche. Ainsi les parents courent aujourd’hui le risque de s’auto-exclure de la vie de leurs enfants. Et cela est très grave !

3. Extrait de l’interview accordée, le 24 mai 2015, au journal argentin “La Voz del Pueblo” :

Je dis toujours : “Il ne faut jamais donner une gifle à un enfant, parce que le visage, c’est sacré. En revanche deux ou trois fessées sur le derrière ne font pas de mal”. Un jour, j’ai dit cela lors d’une audience et certains pays m’ont critiqué. Ce sont des pays qui ont des lois très rigoureuses en matière de protection des mineurs… ce qui fait que le pape ne peut pas dire de telles choses. Mais ce qui est étonnant, c’est que ces mêmes pays, qui sanctionnent le père ou la mère qui frappent les mineurs, ont des lois qui permettent de tuer les enfants avant qu’ils ne naissent. Voilà les contradictions que nous vivons aujourd’hui.

4. Extrait de l’allocution prononcée lors de l’audience générale du mercredi 27 mai :

L’Église, dans sa sagesse, conserve la distinction entre être fiancés et être mariés — ce n’est pas la même chose — précisément en vue de la délicatesse et de la profondeur de cette vérification. Soyons attentifs à ne pas mépriser d’un cœur léger ce sage enseignement, qui se nourrit aussi de l’expérience de l’amour conjugal vécu avec bonheur. Les symboles forts du corps détiennent les clefs de l’âme. Nous ne pouvons pas traiter les liens de la chair avec légèreté sans ouvrir une blessure durable dans l’esprit… Nous devrions peut-être nous appliquer davantage sur ce point, car nos « coordonnées sentimentales » se sont un peu embrouillées. Certains prétendent tout vouloir et tout de suite, mais ensuite cèdent sur tout – et immédiatement – à la première difficulté, ou à la première occasion.

5. Extrait du discours adressé, le 28 mai 2015, aux évêques de République Dominicaine

Le mariage et la famille traversent une crise culturelle sérieuse. Cela ne veut pas dire qu’ils ont perdu de l’importance, mais que leur besoin se fait davantage sentir… Continuons à montrer la beauté du mariage chrétien : “se marier dans le Seigneur” est un acte de foi et d’amour, dans lequel les époux, par leur libre consentement, deviennent des transmetteurs de la bénédiction et de la grâce de Dieu pour l’Église et pour la société.

6. Extrait de l’allocution prononcée, le 29 mai 2015, lors de la rencontre avec des enfants malades et leurs parents :

J’ai beaucoup d’admiration pour votre force, pour votre courage. Tu as dit qu’on t’a conseillé l’avortement. Tu as dit : « Non, qu’il vienne, il a le droit de vivre ». Jamais, jamais on ne résout un problème en éliminant une personne. Jamais. Ça, ce sont les solutions des mafieux : « Il y a un problème, éliminons celui-ci… ». Jamais.

7. Extrait du discours adressé, le 30 mai 2015, à l’association “Scienza e Vita” :

Le degré de progrès d’une civilisation se mesure justement à sa capacité de sauvegarder la vie, surtout dans ses phases les plus fragiles, plutôt qu’à la diffusion d’outils technologiques. Quand nous parlons de l’homme, n’oublions jamais tous les attentats commis contre le caractère sacré de la vie humaine. La plaie qu’est l’avortement constitue un attentat contre la vie. Laisser mourir nos frères sur les bateaux dans le canal de Sicile constitue un attentat contre la vie. La mort sur le lieu de travail parce que les normes minimales de sécurité ne sont pas respectées constitue un attentat contre la vie. La mort par dénutrition constitue un attentat contre la vie. Le terrorisme, la guerre, la violence, mais aussi l’euthanasie, constituent des attentats contre la vie.

8. Extrait de l’allocution prononcée lors de l’audience générale du mercredi 3 juin 2015 :

Cela relève presque du miracle lorsque, même dans la pauvreté, la famille continue à se former et même à conserver — autant qu’elle le peut — l’humanité spéciale de ses liens. Ce fait irrite ces planificateurs de bien-être qui considèrent les liens d’affection, la génération, les liens familiaux, comme une variable secondaire de la qualité de la vie. Ils ne comprennent rien ! Nous devrions au contraire nous agenouiller devant ces familles, qui sont une véritable école d’humanité qui sauve les sociétés de la barbarie… À ces facteurs matériels s’ajoute le dommage causé à la famille par de pseudo modèles, diffusés par les mass-médias, fondés sur la consommation et le culte de l’apparence, qui influencent les couches les plus pauvres et augmentent la désagrégation des liens familiaux.

9. Extrait du communiqué relatif à l’audience accordée, le 5 juin 2015, à la présidente du Chili, Michelle Bachelet :

Les parties ont abordé des questions d’intérêt commun comme la sauvegarde de la vie, l’éducation ou la paix sociale. En l’occurrence, la contribution des institutions catholiques au bien de la personne, à la formation socio-éducative et à l’assistance des plus besogneux a été saluée.

10. Extrait du discours adressé, le 8 juin, aux évêques de Porto Rico :

La complémentarité entre l’homme et la femme, sommet de la création divine, est aujourd’hui mise en discussion par ce que l’on appelle l’idéologie du genre, au nom d’une société plus libre et plus juste. Les différences entre l’homme et la femme ne sont pas destinées à l’opposition ou à la subordination, mais à la communion et à la procréation, toujours à “l’image et la ressemblance” de Dieu. Sans le don que chacun fait de soi à l’autre, aucun des deux ne peut même se comprendre lui-même en profondeur.

11. Extrait du discours adressé, le 11 juin 2015, aux évêques de Lettonie et d’Estonie :

Aujourd’hui le mariage est souvent considéré comme une forme de gratification affective que l’on peut constituer de n’importe quelle manière et modifier en fonction de la sensibilité de chacun. Malheureusement cette conception réductrice a une influence même sur la mentalité des chrétiens, parce qu’elle fait naître une facilité à recourir au divorce ou à la séparation de fait. Nous qui sommes des Pasteurs, nous sommes appelés à nous interroger sur la préparation au mariage des jeunes fiancés ainsi que sur la manière de prêter assistance à tous ceux qui vivent ces situations, afin que les enfants n’en deviennent pas les premières victimes et que les époux ne se sentent pas exclus de la miséricorde de Dieu et de la sollicitude de l’Église, mais qu’ils soient aidés sur le chemin de la foi et de l’éducation chrétienne de leurs enfants.

12. Extrait du discours adressé, le 13 juin 2015, au conseil supérieur de la magistrature italienne :

En effet la mondialisation elle-même – comme cela a été opportunément rappelé – porte aussi en elle des formes de confusion et de désorientation possibles, par exemple quand elle devient le véhicule qui permet d’introduire des usages, des conceptions, des normes même, qui sont étrangers à un tissu social donné, ce qui a comme conséquence une détérioration des racines culturelles de réalités qu’il convient au contraire de respecter ; et cela à cause de tendances qui appartiennent à d’autres cultures qui sont économiquement développées mais affaiblies au point de vue éthique. À de très nombreuses reprises j’ai parlé de colonisations idéologiques en me référant à ce problème.

13. Extrait du discours adressé, le 14 juin 2015, au diocèse de Rome :

Pour nos jeunes, pour nos enfants, qui commencent à percevoir ces idées étranges, ces colonisations idéologiques qui sont un poison pour l’âme et pour la famille, il faut agir contre elles. Il y a deux semaines, quelqu’un – un homme très catholique, habile, jeune – me racontait qu’à l’école ses enfants étaient en CP et en CE1 et que, le soir, sa femme et lui devaient bien souvent “recatéchiser” les enfants, les garçons, à cause de ce qu’ils avaient entendu de la bouche de certains professeurs de l’école ou à cause de ce que disaient les livres qui leur étaient fournis par l’école. Ces colonisations idéologiques font beaucoup de mal et détruisent une société, un pays, une famille. C’est pourquoi nous avons besoin d’une véritable renaissance morale et spirituelle. Au mois d’octobre nous célébrerons un Synode consacré à la famille, afin d’aider les familles à redécouvrir la beauté de leur vocation et à y rester fidèles.

14. Extraits de l’encyclique “Laudato si’” qui a été rendue publique le 18 juin 2015 :

Au lieu de résoudre les problèmes des pauvres et de penser à un monde différent, certains se contentent seulement de proposer une réduction de la natalité. Les pressions internationales sur les pays en développement ne manquent pas, conditionnant des aides économiques à certaines politiques de “santé reproductive”… Accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes. (50)

Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement. Un chemin éducatif pour accueillir les personnes faibles de notre entourage, qui parfois dérangent et sont inopportunes, ne semble pas praticable si l’on ne protège pas l’embryon humain, même si sa venue cause de la gêne et des difficultés. (120)

N’est-ce pas la même logique relativiste qui justifie l’achat d’organes des pauvres dans le but de les vendre ou de les utiliser pour l’expérimentation, et le rejet d’enfants parce qu’ils ne répondent pas au désir de leurs parents ? (123)

Il est préoccupant que certains mouvements écologistes qui défendent l’intégrité de l’environnement et exigent avec raison certaines limites à la recherche scientifique, n’appliquent pas parfois ces mêmes principes à la vie humaine. En général on justifie le dépassement de toutes les limites quand on fait des expérimentations sur les embryons humains vivants. On oublie que la valeur inaliénable de l’être humain va bien au-delà de son degré de développement. (136)

La valorisation de son propre corps dans sa féminité ou dans sa masculinité est aussi nécessaire pour pouvoir se reconnaître soi-même dans la rencontre avec celui qui est différent. De cette manière, il est possible d’accepter joyeusement le don spécifique de l’autre, homme ou femme, œuvre du Dieu créateur, et de s’enrichir réciproquement. Par conséquent, l’attitude qui prétend “effacer la différence sexuelle parce qu’elle ne sait plus s’y confronter”, n’est pas saine. (155)

Je veux souligner l’importance centrale de la famille, parce qu’elle est le lieu où la vie, don de Dieu, peut être convenablement accueillie et protégée contre les nombreuses attaques auxquelles elle est exposée, le lieu où elle peut se développer suivant les exigences d’une croissance humaine authentique. Contre ce qu’on appelle la culture de la mort, la famille constitue le lieu de la culture de la vie. (213)

15. Extrait de l’allocution prononcée, le 21 juin 2015, lors de la rencontre avec les jeunes à Turin :

Même le pape doit quelquefois prendre des risques pour dire la vérité. L’amour est dans les œuvres, dans la communication, mais l’amour est très respectueux des personnes, il ne se sert pas de ces personnes, autrement dit l’amour est chaste. Alors je vous dis, à vous qui êtes jeunes dans ce monde, dans ce monde hédoniste, dans ce monde où la publicité ne parle que du plaisir, de passer de bons moments, d’avoir une belle vie : soyez chastes, soyez chastes.

Dans notre vie à tous il y a eu des moments où cette vertu a été très difficile, mais c’est précisément le chemin d’un amour authentique, d’un amour qui sait donner la vie, qui ne cherche pas à utiliser l’autre pour son propre plaisir. C’est un amour qui considère la vie de l’autre personne comme sacrée : je te respecte, je ne veux pas me servir de toi. Ce n’est pas facile. Nous savons tous combien il est difficile de dépasser cette conception “facile” et hédoniste de l’amour. Pardonnez-moi si je vous dis une chose à laquelle vous ne vous attendiez pas, mais je vous demande ceci : faites l’effort de vivre l’amour chastement…

Nous vivons dans la culture du déchet. Parce que ce qui n’a pas d’utilité économique, on le supprime. On supprime les enfants, parce qu’on n’en fait pas, ou parce qu’on les tue avant qu’ils ne naissent ; on supprime les personnes âgées, parce qu’elles ne servent pas et on les laisse mourir là, en une sorte d’euthanasie cachée.

L’encyclique Laudato Si est, selon l’évêque Mgr. Jos Punt de Haarlem-Amsterdam, “basée sur Saint François, pour qui la nature est un livre dans lequel Dieu nous parle et nous apprend qui nous sommes.” (Katholiek Nieuwsblad, 26-06-2015). Le pape part ici d’une vue holistique sur le monde et sur la vie. Il le dit même explicitement : “Puisque tout est lié … “ (voir ci-dessus n°. 14, §2). C’est la même vision que nous retrouvons dans l’Ancient Testament et dans l’Evangile, où Jésus parle toujours par comparaisons, dont une grande part est empruntée à la nature : “Voyez les lys dans les champs …”, “Le Royaume de Dieu est comparable à un grain de moutarde …”, “Un fermier s’en alla semer…”, … Une telle vue holistique nous apprend qu’il y a interaction permanente entre le naturel, l’humain et le surnaturel. Cette manière de penser est en contraste flagrant avec la « pensée moderne » qui a tendance à considérer la « réalité scientifique » comme seule source valable de vérités partielles découpées en morceau et liées au temps.

En opposition à cela se trouve l’Evangile, la Bonne Nouvelle qui peut élever notre cœur et notre esprit bien au-dessus des nuages et de nos tracas terrestres. D’une telle perspective, nous voyons toute la création comme étant substantiellement sacrée, mais continuellement sujette à la désacralisation.  L’homme ne doit donc pas sacraliser la création : sa tâche terrestre consiste à maintenir en état ce caractère sacré, en l’honneur de Dieu et au service de ses semblables. Là où elle est désacralisée, les serviteurs de Dieu la sacraliseront à nouveau, par leurs paroles, leurs actes, leurs prières, et s’il le faut, par leur propre sang. Ceci à l’exemple de Celui qui, par son Saint Sang, enlève nos désacralisations internes. C’est ce qu’Il fera aussi avec toutes les désacralisations restantes, aussi terribles qu’elles soient, quand la création aura atteint le point final voulu par Dieu dans son évolution et se transformera en une nouvelle réalité : le Royaume de Dieu saint et éternel.

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