Vers une nouvelle dictature ?

27-04-2021

Il n’y a peut-être personne qui accueille simplement une dictature, à moins qu’elle ne puisse apporter des avantages directs et personnels.  Mais la tension qu’une dictature provoque face à la liberté personnelle que la plupart d’entre nous chérissons, ronge profondément en nous.  Les gens s’habituent généralement à beaucoup de choses, et après un certain temps on peut même considérer les restrictions imposées comme faisant partie de la vie sociale. Toutefois, dans une démocratie, nous devons veiller à ce que ces restrictions soient légales et légitimes.  Cela se fait fortement sentir pendant la crise pandémique actuelle. Les comportements sociaux normaux sont limités, voire interdits en raison de la santé publique.  Une grande partie de la population s’y adapte spontanément, tandis qu’une autre partie est irritée par les mesures, ce qui mène parfois à des confrontations agressives. Toutefois, mis à part le débat sur la base juridique valide ou non valide de ces mesures restrictives, il est difficile de prétendre sérieusement que par cette mesure, nous vivrions maintenant dans un État policier.

Cependant, nous nous demandons si dans d’autres domaines de la vie sociale nous n’avons pas affaire aujourd’hui à la création d’un nouveau type de dictature.  Nous nous référons à l’émergence et à la croissance d’idéologies autour de certains modes de vie, comportements et opinions qui étaient plutôt exceptionnels et situés en dehors des contours de ce que la société considérait comme soi-disant « normal ».  Ces idéologies se propagent aujourd’hui par toutes sortes de canaux et sont prédominantes dans l’éducation, les médias et la culture.  Toutes sortes de droits sont imposés par le gouvernement et les tribunaux. 

Non, nous n’avons pas à revenir dans le temps où tout ce qui ne se situait pas dans ces contours était à peine toléré, et parfois même poursuivi. Les contours peuvent en effet se déplacer, parce qu’ils ne sont pas dessinés à l’encre indélébile. L’homme évolue, tout comme la société, et une culture n’est pas l’autre.

Prenons l’exemple de l’idéologie du genre. Il est frappant de constater comment elle est proclamé comme un nouveau paradigme qui ne tolère aucune contradiction et cherche à dominer la législation dans tous les domaines et par tous les moyens possibles. Quiconque ose prétendre que tout le monde est né homme ou femme, à l’exclusion des exceptions médicales, n’est guère toléré dans le débat politique. La tolérance qui était cultivée auparavant et qui laissait place à la coexistence de différentes visions semble maintenant avoir complètement disparu.  Les groupes de pression qui propagent cette nouvelle idéologie sont partout et sont activement soutenus par les autorités publiques.

Nous voyons maintenant que cela a des conséquences profondes au sein de l’éducation, où l’on pousse de plus en plus à rendre tout neutre en termes de genre. Mais le « sexe psychologique » devrait-il devenir la norme pour laquelle même la nature doit s’incliner?   Comprenons et respectons les personnes qui depuis l’enfance ont été confrontées à un sentiment différent entre leur sexe naturel et psychologique, offrons-leur toute l’aide et guidons-les sur leur chemin de vie.  Mais dans la nature de l’homme il y a des faits qui ne peuvent pas simplement être manipulés à grande échelle. Toutefois, on va toujours plus loin sur cette route, dont la fin ne semble pas encore en vue.  Mais ça pourrait être une route sans issue, qui finira par nous conduire à une nature totalement perturbée, dans un contexte social tout aussi perturbé.

Les nouvelles idéologies veulent s’affirmer également sur le plan du début et la fin de la vie. La manière dont l’avortement et l’euthanasie sont discutés aujourd’hui et ces deux actes sont normalisés en invoquant le droit absolu à l’autodétermination, est plus qu’inquiétante. 

C’est encore à peine autorisé aux prestataires de soins de santé d’invoquer leur liberté de conscience pour se couvrir légalement, s’ils refusent de contribuer à ce « droit » à l’avortement et à l’euthanasie.  Mais pour les institutions, cette liberté est totalement remise en question.

Ces nouvelles idéologies sont basées sur l’élimination de Dieu en tant que créateur de la vie, pendant que l’homme prend la place de Dieu.  Ensuite, on peut façonner l’homme avec les qualités qui lui conviennent le mieux, le liquider quand il n’est plus utile ou fait obstacle au bonheur, ou quand il n’est plus rentable économiquement, ou est devenu un fardeau. 

Mais cela n’est pas un problème purement religieux, comme certains diront rapidement, mais avant tout un problème humain, parce que l’on réduit l’homme à son existence terrestre et on le déconnecte de sa dimension transcendante.  Les conséquences d’une telle vision sont elles aussi vraiment imprévisibles et inquiétantes sur le plan purement humain.

Quand l’homme se considère soi-même comme le créateur, il fixera les limites où elles lui conviennent le mieux.  Ce seront alors les nouveaux contours, mais maintenant ils semblent être dessinés à l’encre indélébile. Malheur à ceux qui ont une opinion différente, et aussi malheur à ces cultures et peuples qui ne sont pas du tout d’accord avec cette vision occidentale « éclairée ».  Ceux-ci sont considérés comme « sous-développés ou retardés » et sont encouragés par des moyens coloniaux à suivre l’exemple de leurs anciens colonialistes. Pour nous une nouvelle dictature se profile à l’horizon, pour eux une nouvelle période de colonisation semble avoir commencé.  Et le moyen d’imposer ces idéologies est le pouvoir de l’argent. Ceux qui ne suivent pas, le ressentiront rapidement financièrement, à la fois en tant qu’individu, en tant que groupe, en tant qu’organisation et en tant que pays en développement.

Où sont les prophètes contemporains qui osent aller contre le courant ?  Même si leurs arguments sont clairs et raisonnables, ils sont à peine entendus dans une communauté qui ne se laisse emporter que par les émotions et qui préfère écouter les faux prophètes qui leur disent ce qu’ils veulent entendre.  Et il y en a beaucoup, aujourd’hui aussi !

Frère René Stockman

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