Le puzzle douteux des théologiens moralistes de Louvain

11-11-2021

La position des théologiens moralistes de Louvain sur l’homosexualité ressemble à jouez avec un puzzle jusqu’à ce que vous ayez trouvé suffisamment d’arguments à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église pour rejeter les enseignements de l’Église. Mais le puzzle a-t-il réussi? Ce qui suit est une réponse supplémentaire à l’article publié par la KU Leuven sur la page Web https://www.kuleuven.be/thomas/page/standpunt-vaticaan-homoseksualiteit/.  Nous en examinons quelques passages traduits. (Traduction propre de l’article en néerlandais).

« Nous avons parcouru théologiquement et ecclésiastiquement un long chemin dans notre réflexion sur les relations et la sexualité. Depuis le Concile Vatican II (1962-1965), beaucoup plus d’attention a été accordée aux relations durables, à l’amour de l’alliance et donc à la qualité d’être ensemble en tant que ‘valeur intrinsèque’. Il n’est donc pas acceptable que la relation entre deux hommes ou deux femmes qui prennent bien soin l’un de l’autre, qui sont fidèles et aimants, qui veulent vivre ensemble dans la réciprocité et la durabilité et qui élèvent souvent aussi des enfants ensemble, soit appelée objectivement désordonnée. »

Tant qu’on continue à aborder la sexualité à partir de la fertilité, il est clair que l’inceste n’est pas si sain et que la monogamie est une expression du lien exclusif qui naît entre l’homme et la femme en tant que père et mère de leurs enfants. Sans la fertilité, il devient beaucoup moins clair pourquoi une relation sexuelle devrait être monogame ou interdit entre parents proches. On commence ici par l’affirmation que les relations durables ne devraient pas être qualifiées d’objectivement irrégulières, ce qui est en fait plus une question émotionnelle. Nous sentons quelque part que de telles relations sont précieuses et nous ne voulons donc pas en parler négativement. Mais quiconque pense de manière critique sait qu’il n’y a aucune bonne raison d’affirmer simplement que les relations durables ne peuvent pas être objectivement désordonnées.

« Faire une déclaration sur les relations des gens, c’est donc toujours aussi faire une déclaration sur la nature des gens. »

Et donc vous pouvez dire la même chose à propos de tous les types de relations. Il en va de même pour l’inceste, le polyamour et peut-être même pour des relations entre humains et animaux et ainsi de suite. En fait, tout ce que nous faisons et pensons dit quelque chose sur qui nous sommes. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas appeler certaines relations etc. pécheresses. (1)

« Nous voulons une Église qui soit proche des gens dans leur croissance vers l’amour intime et durable, sous leur propre forme. »

Encore une fois, cela ne signifie pas que nous devrions en tant qu’Église approuver ou bénir toute forme d’expérience sexuelle dans une relation intime/durable.

« Depuis les années 1950, l’Église a accepté que l’orientation homosexuelle n’est pas en soi un péché. »

Une orientation en soi n’est jamais un péché. Même une orientation pédophile n’est pas un péché en soi.

« Leur éthique personnaliste chrétienne est précisément le reflet et l’élaboration de cette vision positivement intégrée et largement soutenue des relations et de la sexualité, que nous lisons dans Gaudium et Spes et dans Amoris Laetitia. »  

Bien sûr, la relation sexuelle entre l’homme et la femme est bien plus qu’une question de fertilité. L’un ne fait pas obstacle à l’autre. Ils vont de pair. La spécificité de la fécondité entre l’homme et la femme dans leur expérience sexuelle physiquement complémentaire est précisément ce qui symbolise et soutient la valeur de l’unification de leur vie, cœur et âme. Mais cette complémentarité physique et cette unification n’existent pas chez les couples de même sexe. Ou peut-on dire que le sexe anal soutient l’amour durable entre deux hommes ? Que dit la science à ce sujet ?

Dans cet article, certains passages de documents de l’Église sont utilisés afin de rejeter ensuite la doctrine telle qu’elle est en vigueur depuis 2 000 ans, à savoir que le comportement homosexuel est un péché contre la chasteté. Si l’on veut invoquer les déclarations du pape François comme étant précieuses, pourquoi ne pas reconnaître également les déclarations des papes précédents ? Pourquoi ne pas parler de l’intégration de la loi naturelle et du personnalisme comme l’a fait Jean-Paul II ? Si l’on utilise l’enseignement de l’Église pour réfuter cet enseignement (e.a. sur l’homosexualité, qui d’ailleurs compte encore aujourd’hui), alors on sape en fait aussi sa propre crédibilité. Pourquoi écouter Gaudium et Spes quand on rejette toutes les déclarations condamnatoires de la tradition ecclésiale sur l’homosexualité ? Le pape François a approuvé le document sur la non-bénédiction des couples homosexuels. Tout comme il l’a fait avec un document antérieur qui met en garde contre l’admission de personnes ayant une orientation homosexuelle à la prêtrise. Suggérer qu’il veut changer la doctrine de l’homosexualité mais n’ose pas le faire à cause d’un éventuel schisme n’est qu’un fantasme.

Tout ce qui excite les gens sexuellement est quelque chose que nous n’avons pas choisi et que nous ne pouvons pas simplement changer. Effectuez une recherche de paraphilie et demandez-vous si vous trouvez quelque chose que quelqu’un choisirait sans aucun besoin spontané. On peut dire également que la polygamie est naturelle, puisque l’homme veut répandre sa semence autant que possible et que la polygamie est donc bénéfique pour les hommes qui ont la semence la plus « puissante ». Cette orientation naturelle n’est pas non plus un choix. Ces dernières années, on a commencé à se concentrer sur l’idée que l’homosexualité est une orientation et serait naturelle et qu’elle a à voir avec l’amour, alors que ce sont tous des arguments qui ne sont pas utilisés pour d’autres orientations pour les normaliser. Par exemple, si l’on commence à dire que la monogamie est plutôt une exception dans la nature, alors on ne tire pas la conclusion que la monogamie ne devrait plus être la norme chez l’homme. L’amour existe sous de nombreuses formes, mais il n’est normalement pas utilisé comme argument pour dire qu’aimer quelqu’un signifie aussi qu’il est bon d’avoir des relations sexuelles.

Je suis très préoccupé par les déclarations faites par des personnes dans l’Église qui approuvent l’homosexualité, car c’est la principale cause de la persécution chrétienne (ou du moins de la marginalisation) dans la civilisation occidentale. Au lieu d’essayer de justifier l’homosexualité avec toutes sortes de sophismes (qu’on peut appliquer à d’innombrables autres choses, mais on ne le fait pas), il serait préférable de donner des exemples de personnes qui ont appris à gérer leurs sentiments homosexuels sans recourir aux relations homosexuelles. J’ai déjà lu beaucoup de témoignages de ce genre et il est en fait criminel que l’Église reste silencieuse à leur sujet comme si ces gens n’existaient pas. C’est comme si l’on prétendait qu’il n’y a pas de saints.

Le problème dans l’Église de Flandre n’est bien sûr pas seulement lié à l’homosexualité. Pendant des décennies, il y a eu une campagne de tous les côtés pour une foi différente et une moralité différente. L’enfer n’existe pas. Le diable n’est qu’une métaphore et l’exorcisme n’est qu’un effet placebo en psychiatrie. Joseph eut d’autres enfants avec Marie. La transsubstantiation n’était qu’une invention ultérieure de l’Église. Jésus n’est pas ressuscité physiquement. La contraception n’est pas moralement pire que la planification familiale naturelle. La FIV devrait être possible si elle se produit avec le père et la mère biologiques. La femme doit pouvoir devenir prêtre. L’euthanasie devrait parfois aussi être possible. Jésus n’a pas vraiment guéri les gens ni accompli d’autres miracles. Un prêtre m’a dit un jour qu’en Flandre, il y a en fait eu un schisme théologique avec l’Église catholique romaine depuis Humani Generis de Pie XII.

Au niveau du contenu une autre « église » a été fondée ici. Il existe déjà des milliers de communautés de foi différentes qui pensent toutes avoir la vraie compréhension de ce que Dieu attend de nous. Par exemple, si vous parlez à des sédévacantistes (2), ils se référeront si nécessaire à toute l’histoire de l’Église pour prouver que tous les papes depuis Vatican II ne sont en fait plus des papes légitimes. KU Leuven, IPB, Kerk & Leven, l’Enseignement catholique, et je pense maintenant aussi aux évêques eux-mêmes… vous êtes beaucoup plus en phase avec l’Église vieille-catholique en termes de contenu. Ce que je vous reproche, c’est que vous continuez à vous appeler catholique romain et à occuper nos institutions catholiques et nos églises. S’il vous plaît, soyez enfin honnête et arrêtez de vous accrocher au pouvoir que vous voulez en continuant à vous appeler catholique romain. (3)

D.B.

(1) NDLR. Le raisonnement des théologiens de Louvain est une déformation de la proposition selon laquelle tout ce qu’une personne fait peut dire quelque chose sur son être. Ce que cela signifie exactement n’est, dans de nombreux cas, pas du tout certain. Cependant, les théologiens vont encore plus loin : si L’ON DIT QUELQUE CHOSE sur un certain comportement ou une certaine action humaine, on dit aussi quelque chose sur l’essence de ceux qui agissent de cette façon. L’absurdité de cela peut être mieux illustrée par un exemple. Si L’ON DIT que couper des arbres nuit au climat, est-ce qu’on dit-on que la « nature » ou l’« essence » d’une personne qui coupe des arbres est peu respectueuse de l’environnement ? Bien sûr que non, parce que cette personne peut être convaincue qu’elle agit très respectueuse de la nature, ou qu’elle n’a pas d’autre moyen de protéger sa famille du froid, ou qu’elle veut donner à d’autres arbres un peu plus d’espace pour pousser, ou planter d’autres arbres, etc. Il est donc très erroné de convertir des règles générales de conduite en conclusions sur l’essence des personnes qui n’y adhèrent pas ou pas toujours.

(2) Le sédévacantisme (de l’expression latine sede vacante signifiant « le siège vacant », utilisée entre la mort ou la renonciation d’un pape et l’élection de son successeur) est une position religieuse défendue par une minorité de catholiques issue du courant traditionaliste. Ils affirment que, depuis 1958 (mort de Pie XII) ou 1963 (mort de Jean XXIII), le siège du pape est vacant et que les papes suivants sont des usurpateurs. (Source : Wikepedia).

(3) Dans le Codex Iuris Canonici (Code ecclésiastique) de 1917, le canon 188(4) stipule que « quiconque s’écarte publiquement de la foi catholique » perd automatiquement et sans aucune explication par un tribunal sa charge ecclésiastique et son exercice légal ecclésiastique. (Source : Wikepedia).

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